Il sera ici question des usages du corps des femmes, des hommes et des enfants qui peuplaient l’Europe il y a 40 000 à 10 000 ans. Il est aujourd’hui possible d’avoir une idée assez précise de leur apparence à partir des squelettes retrouvés et des analyses ADN, de leur habillement, de leur parure, mais aussi de la manière dont ils se soignaient, dont ils se déplaçaient, dont ils se mouvaient lorsqu’ils accomplissaient leurs tâches quotidiennes. Les vestiges de leurs activités permettent parfois de retrouver leurs gestes, leurs postures, leurs attitudes corporelles. La répartition des tâches entre hommes et femmes peut aussi être approchée à partir des traumatismes que le travail laisse sur le corps. De même, de modestes témoins suggèrent la présence, souvent passée inaperçue, des enfants dans les grottes ornées et dans les habitats. On peut parvenir à savoir de quoi les gens souffraient, mais aussi comment ils se soignaient ou apaisaient leurs maux. Enfin, quel sort réservaient ils aux cadavres et comment se représentaient ils leur propre corps ? Bref, c’est à une archéologie du corps que Sophie A. de Beaune tente ici de s’atteler.