Londres, 1er mars 1912. Des femmes élégantes sortent calmement d’un immeuble du West End. Dans leurs sacs, des pierres et des petits marteaux. En quelques minutes, des centaines de vitrines volent en éclats. Deux cents femmes sont arrêtées — et c’est exactement ce qu’elles voulaient. Cela fait soixante-dix ans qu’elles réclament le droit de vote. Soixante-dix ans de pétitions, de lettres, de réunions polies ; rien n’a marché. Alors elles ont décidé de changer de méthode. Elles se cachent dans des tuyaux d’orgue pour interrompre les discours des ministres. Elles se jettent dans les buissons des maisons de vacances du Premier ministre. Elles s’enchaînent aux grilles de Downing Street. Elles font la grève de la faim en prison, et sont gavées de force, des centaines de fois. Elles posent des bombes. Oui, des bombes. À côté d’elles, des dizaines de milliers de suffragistes plus modérées construisent patiemment des alliances politiques. Des tisserandes du Lancashire organisent leurs camarades dans les cours d’usine. Des hommes se font emprisonner à leurs côtés. Qu’est-ce qui a vraiment marché, au fond ? La violence ou les pétitions ? La dynamite ou les défilés de 500 000 personnes ? C’est le débat que l’on retrouve dans toutes les luttes — et il n’est toujours pas tranché. Un épisode sur le courage, la créativité tactique, et les divisions féroces d’un mouvement qui a changé l’histoire. À écouter avant d’aller voter.