Infographie | 4 infos étonnantes sur le thé

Le thé n’est pas une simple boisson chaude que l’on consomme par habitude ou pour se réchauffer lors des soirées d’hiver. C’est un phénomène planétaire, un objet d’étude scientifique fascinant et le pivot de nombreuses cultures depuis des millénaires.

Pourtant, malgré sa présence quotidienne dans nos cuisines, il reste entouré de mythes et d’approximations sémantiques. Pour apprécier réellement ce breuvage, il est essentiel d’en comprendre les fondements botaniques et biochimiques.

Dans cet article, je vous propose d’explorer la réalité complexe qui se cache derrière votre tasse, en déconstruisant les idées reçues pour laisser place à une expertise rigoureuse.

La plante originelle ou l’unité botanique du théier

La première surprise, et sans doute la plus marquante, réside dans le fait que tous les thés proviennent d’une seule et même espèce : le Camellia Sinensis. Que vous dégustiez un thé blanc d’une grande finesse ou un thé noir corsé, l’origine biologique est strictement identique.

Cette plante est un arbuste à feuilles persistantes de la famille des Théacées, originaire d’Asie du Sud-Est. Il en existe deux variétés principales : la variété sinensis, aux feuilles petites et résistantes au froid, et la variété assamica, aux feuilles plus larges et adaptées aux climats tropicaux.

C’est une erreur commune de penser que le type de thé dépend de l’espèce de l’arbre. En réalité, c’est le terroir, l’altitude, le climat et surtout la méthode de transformation qui déterminent le profil final du produit.

Si l’on laisse la feuille s’oxyder, elle brunit et développe des arômes de malt ou de fruits secs. Si l’on stoppe cette réaction rapidement, on préserve la couleur verte et les notes végétales de la plante.

L’alchimie de la transformation et le rôle de l’oxydation

L’élément différenciateur majeur entre les familles de thé est le degré d’oxydation enzymatique. Il ne s’agit pas, contrairement à une confusion fréquente, d’une fermentation bactérienne, sauf dans le cas très spécifique des thés sombres comme le Pu-erh.

Le thé vert est un thé dont l’oxydation a été neutralisée immédiatement après la cueillette. Pour ce faire, les producteurs utilisent la chaleur, soit par un bain de vapeur (méthode japonaise), soit par un passage dans des cuves chauffées (méthode chinoise).

À l’opposé, le thé noir subit une oxydation complète. Les feuilles sont flétries, roulées pour briser les cellules et libérer les enzymes, puis exposées à l’air ambiant. C’est ce processus qui transforme les catéchines en théaflavines et théarubigines, responsables de la couleur sombre et de la charpente tannique.

Entre ces deux extrêmes se trouvent les thés Oolong, dont l’oxydation est partielle. Cette catégorie offre une palette aromatique incroyablement vaste, oscillant entre des notes florales très fraîches et des arômes boisés ou grillés, selon le savoir-faire du maître de thé.

Une boisson universelle au sommet des statistiques mondiales

Il est scientifiquement établi que le thé est la boisson la plus consommée sur Terre juste après l’eau plate. Cette statistique peut surprendre dans certaines régions occidentales où le café semble omniprésent, mais à l’échelle globale, le thé domine largement.

Cette suprématie s’explique par son importance historique et culturelle en Asie, notamment en Chine et en Inde. Dans ces pays, le thé n’est pas seulement une boisson, c’est un élément social central et un pilier de l’économie rurale depuis des siècles.

Le volume de thé infusé chaque jour dépasse de loin celui du café filtré ou de l’espresso. On estime que plusieurs milliards de tasses sont consommées quotidiennement, portées par une production mondiale qui ne cesse de croître pour répondre à la demande croissante de bien-être.

De plus, le thé bénéficie d’une image de santé très forte. Contrairement aux boissons sucrées ou gazeuses, il est perçu comme un allié métabolique, ce qui favorise son expansion constante dans les marchés émergents et chez les consommateurs soucieux de leur hygiène de vie.

La science derrière la théine et la caféine

Il est temps de mettre fin à une confusion tenace : la théine et la caféine sont une seule et même molécule. La distinction entre les deux termes n’est que purement historique et marketing.

Cependant, bien que la molécule soit identique, son effet sur l’organisme diffère grandement selon qu’elle provient du caféier ou du théier. Dans le café, la caféine est libre et passe rapidement dans le sang, provoquant un pic d’énergie soudain souvent suivi d’une retombée.

Dans le thé, la caféine est liée à des polyphénols, notamment les tanins. Ces derniers ralentissent l’absorption de la molécule par le système digestif, ce qui permet une libération plus lente et progressive de l’énergie sur plusieurs heures.

Un autre acteur crucial entre en jeu : la L-théanine. Cet acide aminé, présent presque exclusivement dans le thé, favorise la production d’ondes alpha dans le cerveau, induisant un état de relaxation mentale. C’est ce duo caféine-théanine qui procure cet effet de « vigilance sereine » si particulier au thé.