Entre 1424 et 1782, une folie meurtrière s’empare d’une partie de l’Europe. Par dizaine de milliers, des personnes innocentes sont envoyées au bûcher pour leur appartenance supposée à une secte satanique qui œuvre contre la Chrétienté. Depuis le XIXe siècle, les historiens et historiennes cherchent à déterminer les causes profondes de ce sinistre épisode de l’histoire européenne.
Quel est le nombre réel d’exécutions ? Comment expliquer leur concentration géographique, alors même que la pratique de la magie est commune à toute l’Europe ? Et enfin, pourquoi les femmes en furent-elles les principales victimes ?
Près de 50 ans après la parution de La Sorcière au village, l’historien Robert Muchembled propose de nouvelles perspectives sur les persécutions. Avec une analyse auparavant centrée sur la montée de l’absolutisme, l’historien revoit sa copie et revalorise la place du religieux, dans un contexte de lutte entre protestants et catholiques. Il décrit alors un phénomène complexe, où se conjuguent césaropapisme des princes, doctrine démonologique fondamentalement antiféministe et concours zélé des juges laïcs.