L’ordonnance du 2 février 1945 constitue le socle historique d’une justice d’exception, affirmant la primauté de l’éducatif sur le répressif. Ce texte fondateur part du postulat que le mineur est un être en devenir, dont la responsabilité pénale est atténuée par son immaturité.
Depuis huit décennies, ce modèle oscille pourtant entre la protection de l’enfance et une exigence croissante de fermeté publique. Les réformes successives ont souvent tenté de concilier ces deux impératifs, parfois au prix d’une complexité législative majeure.