5/5 (1) Voyages à vélo, qu’en est-il du risque d’agressions et de vols ?

Les vols

Alors que nous nous rendions au volcan de Pacaya par un petit chemin de terre, deux bandits armés sont sortis des bois sur notre droite et ont dirigé leurs armes sur nous pour nous racketter. Heureusement, nous étions en descente, lancés, et avons fui, juste à temps pour les laisser tirer deux fois et nous rater ! Ouf ! Bien sûr, nous avons eu de la chance maïs n’aurions jamais eu cette chance sans nos vélos. Ce risque existe que vous voyagiez en vélo ou non maïs reste très, très rare. Pour éviter au maximum les agressions, il faut soit demander l’avis des locaux, soit lire les conseils de Cyclotrip pour réussir son voyage à vélo, soit rester sur les circuits touristiques traditionnels, ce qui est un peu dommage et multipliera les chances de vol ! Nous avons été victimes de trois vols ou tentatives de vol au cours de notre voyage. Le premier à l’aéroport de Bangkok à notre retour de Birmanie : un de nos deux sacs avait disparu. Le second sur un bateau de 500 passagers qui nous emmenait d’Indonésie en Papouasie : un homme a pris un appareil photo qui traînait sur notre couchette. Les autres passagers l’ont repéré, attrapé et molesté comme il se doit. La troisième fut la pire puisqu’on nous a volé un vélo en plein centre de San Francisco. Il n’y a pas grand-chose à faire à part la prudence et faire profil bas. Être plusieurs minimise aussi ce genre de risques. Pour éviter les jaloux et donc les vols, je ne lave jamais mon sac à dos pour qu’il repousse plus qu’il n’attire, je porte des chemises déchirées, sales, je laisse la boue sur mon vélo, etc. Bref, avec cette combinaison, certains Africains me proposaient de l’argent : le pari était réussi. La vue des sous-vêtements séchant sur le vélo est aussi très efficace.

ANIMAUX

“Le clebs, du plus menu au plus imposant, est l’ennemi juré du cycliste

Les chiens

L’autre risque lié à la pratique du vélo vient du meilleur ami de l’homme et du cycliste : le chien. Les chiens de quelques pays sont amoureux de vos mollets et cela correspond souvent à l’état d’esprit de l’endroit où vous roulez. Vous n’aurez généralement pas de problème en Asie par exemple. Nous avons eu à lutter avec la gent canine au Mexique et en Europe de l’Est notamment (Tiens ! Comme la circulation !). Pour se prémunir contre la morsure, un bâton accessible en deux secondes est indispensable. Ils comprennent très vite où vous voulez en venir à la vue de la matraque. Vous pouvez également jeter des cailloux (mais il faut avoir envie de les transporter) ou encore les asperger avec votre gourde en cas de désespoir. Dans tous les cas, il faut dégainer rapidement !

Les grosses bêtes

Encore en Afrique, certaines régions reculées sont encore sujettes à des attaques de lion. Demandez ce qu’en pensent les locaux. En général, on vous conseille de foncer en direction du lion. Peu habitué à ce qu’on l’attaque, il fuira. En théorie. Nous n’avons pas eu à le faire. Les attaques de lions se produisent surtout entre 18h et 6h, quand ils chassent. Ils se mettent à l’ombre la majeure partie de la journée et évitent la chaleur. J’ai traversé 300km de route au Botswana où les lions étaient en liberté et n’en ai pas vu un seul car je roulais entre 9h et 16h. On m’a dit après coup en Ouganda que les lions n’attaquaient pas les tentes.

Serpents, Araignées et autres animaux sympathiques

Risques très faibles. Nous avons eu à déménager une fois quand nous avons découvert un énorme serpent endormi à 1m50 de nos tentes au Mexique. Il ne faut pas avoir peur des araignées et des insectes en général car ce sont vos nouveaux colocataires mais il est extrêmement rare d’en voir un dangereux. Au Mexique encore, nous avons cru bon d’écraser une énorme mygale velue orange et noir qui rôdait autour de nos tentes. Après vérification quelques jours plus tard, nous avions à faire à une espèce inoffensive et protégée. Les fourmis prennent du poids (près de 10 mm) arrivé en Afrique et en Amérique centrale et ont tendance à joyeusement percer le fond de votre tente pour vous visiter pendant la nuit. Les scorpions sont présents dans le golfe arabique par exemple ou en Amérique centrale mais en plus petit format. Les mouches tsé-tsé, que vous ne rencontrerez qu’en Afrique, sont très pénibles. Non seulement elles volent beaucoup plus vite qu’une mouche classique (40 vs 25 km/h) et sont donc plus difficile à semer, mais elles piquent en plus de cela à travers les vêtements, sachant que leur morsure peut vous faire contracter… La maladie du sommeil qui peut être mortelle. Sur les pistes de Tanzanie, j’ai été obligé de rouler avec un gros blouson sous un soleil de plomb pour limiter les zones de piqûres. Pour préciser, j’ai été piqué une bonne cinquantaine de fois et je n’ai rien eu. Les éléphants paraissent tellement inoffensifs qu’on aurait presque envie de s’approcher pour les toucher. C’est un animal très dangereux, je vous invite à voir sur internet comment ils tuent un homme en quelques secondes en l’écrasant. J’ai eu à traverser une zone d’éléphants au Botswana où tous les pachydermes m’ont laissé passer sans problème sauf un car ma présence avait effrayé ses petits. Il m’a chargé avant qu’une voiture n’arrive pour le dérouter et me sauver ! Les buffles d’Afrique sont très agressifs contrairement à leurs cousins d’Asie et chargent facilement. Les hippopotames tuent plus d’hommes que les lions chaque année grâce à leurs dents acérées et courent assez rapidement.

Moustiques

Les petits vampires de la nuit dont nous avons déjà discuté auparavant. Faites-leur bouffer du DEET ! Disposez les spirales qui se consument tout autour de votre campement le temps de manger et pensez à les éteindre avant de vous coucher. Si l’invasion est trop importante il ne faut pas hésiter à combiner les spirales, les produits pour les vêtements, et laisser tourner le réchaud le temps de finir de manger. Attention au vent ! Quand le vent pousse côté accotement, il faut naturellement faire la balance côté route. Si un camion ou un bus passe à ce moment-là, le vent se coupe et vous pousse du côté du bus qui vous aspire en plus dans son souffle. Très dangereux. S’il y a trop de vent, il faut tout le temps se retourner pour voir ce qui arrive. Et pour se retourner, tournez la tête côté route, car votre vélo aura tendance à partir côté opposé à votre tête.

CIRCULATION

“Chaque cycliste, même débutant, sait qu’à un moment ou un autre de sa vie, il aura rendez-vous avec une portière de voiture” “En vélo on regarde devant, on écoute derrière” Le risque majeur du voyage en vélo est la circulation. Il y aura des routes en bonne condition, en mauvais état, des très calmes, d’autres bondées, des conducteurs qui feront de beaux écarts pour vous éviter et d’autres chauffards qui vous frôleront. Les pires chauffards que nous ayons rencontrés étaient en Russie, en Roumanie, au nord du Mexique, les meilleures routes en Thaïlande, les conducteurs les plus précautionneux en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, les pires routes en Papouasie (mais il n’y avait personne dessus). Dans tous les cas, le plus important est de savoir comment rouler en toutes circonstances. Même si cela peut paraître naturel, il ne faut pas rouler trop près de l’accotement car plus les voitures ont de la place, moins elles en laissent. En roulant près de l’accotement, les conducteurs pensent qu’ils ont systématiquement la place de passer, même si une autre voiture arrive dans l’autre sens. Cela les conduit à vous coller au plus près, ils ne risquent que de casser un rétroviseur dans votre coude. Imaginez qu’au moment où cette voiture vous double, un gros nid de poule vous surprenne sur la route et vous oblige à faire un écart : Paf le cycliste ! Chargé de vos sacoches ou de votre remorque, vous êtes plus large et plus visible que d’habitude, profitez-en pour vous imposer. Vous remarquerez qu’en vous positionnant 50-100cm sur la route, les voitures seront obligées de ralentir pour vous doubler ou de faire un bel écart, ce qui est beaucoup plus confortable pour vous. Si, comme cela arrive parfois, vous vous trouvez sur une route d’incorrigibles, prenez un bâton et faites-le dépasser sur la gauche de votre porte-bagages. Personne n’a envie d’abîmer sa belle peinture. Ces techniques ont fonctionné dans des pays à la circulation chaotique comme au Mexique, en Russie, en Amérique Centrale, Kazakhstan, et seulement un peu en Afrique où les conducteurs m’ont vraiment fait peur par moments (Tanzanie, Ouganda).