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Ce docu n'a pas de note Artistes et inventeurs ont préparé tout au long du XIXe siècle l’avènement du regard cinématographique, jusqu’à sa concrétisation par les frères Lumière. L’épopée des images modernes racontée dans un documentaire ciselé. Les portes se sont ouvertes et le monde a basculé. Le 28 décembre 1895, les frères Auguste et Louis Lumière projettent La sortie de l’usine Lumière à Lyon lors de la première séance publique et payante du cinématographe. Ces employés – surtout des femmes – avançant vers l’objectif, avec en arrière-plan le bâtiment des ateliers, inaugurent sans le savoir une marche révolutionnaire : celle du septième art, avec sa puissance de sidération et sa technique en constante évolution. Pourtant, « l’œil cinématographique », cette nouvelle façon de regarder le monde, n’est pas apparu ce jour-là ; il a cheminé tout au long du XIXe siècle pour donner naissance aux spectateurs que nous sommes devenus. Travellings, vues aériennes, couleurs, relief, visionnage immersif, plongées et contre-plongées… : ce nouveau langage visuel a été pensé, rêvé, expérimenté bien avant l’intuition géniale des frères au nom prédestiné. Ce que raconte ce documentaire à la richesse kaléidoscopique, c’est l’histoire du regard moderne dans un XXe siècle devenu celui de la spectacularisation du monde. Entre les nouveaux paysages urbains, les perspectives haussmanniennes ou les travellings panoramiques offerts par le train, l’œil, constamment stimulé, est sans cesse en mouvement. L’homme moderne devient un flâneur, un observateur. Les peintres, photographes ou inventeurs témoignent, impulsent ou s’adaptent, dans une effervescence scopique où chaque once de réel devient image. Des toiles de Caillebotte aux prises de vues en ballon de Nadar, du praxinoscope d’Émile Reynaud au kinétoscope d’Edison, ce film retrace d’une écriture ciselée cette époque de frénésie et de créativité, si friande d’expositions universelles. Une éclairante projection vers le passé en forme de lanterne magique, dont les témoignages d’historiens, de conservateurs et de cinéastes parachèvent la netteté. Documentaire de Stefan Cornic disponible jusqu’au 21/02/2022.