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Rakovets, 200 habitants dans l’Ouest de l’Ukraine. Ici, on attend la guerre, comme une fatalité. C’est le cas de Myron Miroslavovitch, un ancien carreleur de 71 ans. Il vit seul dans la maison familiale. Sa femme est partie et ses deux fils sont au combat. Il s’occupe de son cheval et de ses quelques animaux.

Au loin, on entend des tirs d’armes automatiques. Un camp où l’on forme 400 jeunes conscrits dans l’antichambre de la guerre. Natalia Volodymyrivna est apicultrice. Avant la guerre, elle vendait son miel aux touristes de passage. Dans ses bras, son dernier de 6 mois, Natalia a décidé elle aussi de rester pour s’occuper de ses enfants. Ils sont 9, et le dernier a 14 ans. Elle est devenue institutrice et professeur. Cette maman fait l’école à la maison en temps de guerre pour les enfants du village. Son mari est volontaire sur un checkpoint à l’entrée de Rakovets.
Ici, il n’y a ni cave, ni sous-sol. Quand les sirènes sonnent, toute la famille se réfugie dans la pièce qui fait office de salle de classe. Dans le restaurant du village, des dizaines de femmes se relaient du matin à la tombée de la nuit pour cuisiner des milliers de raviolis destinés aux hommes qui se battent sur le front. Seul moment de la journée où elles s’octroient une courte pause, c’est pour aller prier ensemble devant le calvaire du village.

Reportage de Kevin Berg et Antoine Boddaert disponible jusqu’au 06/03/2025.