Article | Que faire aux Cyclades : 7 activités incontournables

L’archipel des Cyclades, véritable joyau dispersé dans le bleu profond de la mer Égée, incarne pour beaucoup la quintessence du voyage en Grèce. Au-delà des images de cartes postales montrant des dômes bleus et des façades immaculées, ces îles recèlent une richesse culturelle, géologique et gastronomique insoupçonnée qui mérite une exploration approfondie.

Que vous soyez amateur d’histoire antique, passionné de randonnée ou épicurien à la recherche de saveurs authentiques, chaque île dévoile une personnalité unique, loin de l’uniformité touristique souvent redoutée.

S’imprégner de la magie volcanique de Santorin et ses villages perchés

Commencer un périple dans les Cyclades sans évoquer Santorin serait ignorer l’une des merveilles géologiques les plus spectaculaires de la Méditerranée, bien que l’île demande une approche stratégique pour être appréciée à sa juste valeur.

Santorin n’est pas seulement une destination touristique, c’est avant tout les vestiges d’une éruption minoenne cataclysmique qui a façonné une caldeira unique au monde, offrant des panoramas vertigineux où la roche noire contraste violemment avec l’azur de la mer.

Pour vivre une expérience véritablement premium, il est essentiel de s’éloigner des heures de pointe à Oia et de privilégier une exploration à l’aube ou au crépuscule, lorsque la lumière dorée caresse les habitations troglodytiques suspendues au-dessus du vide.

La randonnée reliant Fira à Oia, longeant la crête de la caldeira sur près de dix kilomètres, constitue sans aucun doute l’une des activités les plus mémorables à entreprendre sur l’archipel. Ce sentier, parfois pavé, parfois sauvage, permet de traverser les villages de Firostefani et Imerovigli, souvent surnommés le « balcon de la mer Égée », tout en offrant une perspective changeante sur le volcan endormi.

Au-delà de la vue, c’est l’histoire géologique qui se lit à livre ouvert, chaque strate de lave racontant un épisode violent de la formation de l’île. Prendre le temps d’observer ces formations permet de comprendre la résilience des habitants qui ont su bâtir une architecture vernaculaire d’une beauté saisissante sur un terrain aussi hostile.

« La Grèce est le seul endroit où l’on peut voir la lumière comme une matière en soi, une substance palpable qui sculpte le paysage. »

L’expérience ne s’arrête pas aux panoramas ; elle se poursuit dans les vignobles uniques de l’île, où la vigne est cultivée en « kouloura » (en forme de panier) pour se protéger des vents violents du Meltemi. Déguster un verre d’Assyrtiko, ce vin blanc sec et minéral, dans un domaine viticole surplombant la mer, ancre le voyageur dans le terroir volcanique de l’île.

C’est ici que l’on saisit l’âme de Santorin : une terre de feu apprivoisée par l’homme, produisant des saveurs intenses comme la fava ou les tomates cerises locales, qui tirent leur goût si particulier de l’aridité du sol.

Naviguer autour des paysages lunaires de l’île de Milos

Si Santorin est la reine dramatique des Cyclades, Milos en est la perle géologique, offrant une variété de couleurs et de formes rocheuses qui défient l’imagination. Explorer Milos par la mer est une nécessité absolue, car une grande partie de ses côtes, sculptées par l’activité volcanique et l’érosion marine, reste inaccessible par la route.

Louer un catamaran ou participer à une excursion en petit comité permet de découvrir des sites emblématiques comme Kleftiko, un ancien repaire de pirates où des arches monumentales de pierre blanche émergent d’une eau turquoise cristalline.

La baignade à Kleftiko n’a rien d’ordinaire ; on nage littéralement à travers des grottes marines et des tunnels naturels, entouré par une faune aquatique préservée. L’eau y est d’une clarté telle que les bateaux semblent flotter dans les airs, créant une illusion d’optique fascinante.

Mais Milos ne se résume pas à ses falaises blanches ; elle abrite également Sarakiniko, une plage de roche volcanique lissée par le vent et les vagues, évoquant irrésistiblement un paysage lunaire. S’y rendre tôt le matin permet de marcher sur ces dunes de pierre immaculée dans un silence quasi religieux, seulement troublé par le ressac.

L’île possède également un patrimoine culturel fascinant, notamment ses « syrmata », ces garages à bateaux colorés creusés directement dans la roche tendre, particulièrement visibles dans le village de Klima. Ces structures, avec leurs portes peintes de couleurs vives (rouge, bleu, jaune), témoignent d’une relation intime et séculaire entre les insulaires et la mer.

Se promener à Klima au coucher du soleil, lorsque l’eau vient lécher le seuil des maisons, offre une scène d’une photogénie incroyable et d’une authenticité rare.

Voici quelques formations géologiques incontournables à observer à Milos :

  • Sarakiniko : des roches blanches érodées formant un décor extraterrestre contrastant avec le bleu profond de la mer.
  • Papafragas : une grotte à ciel ouvert menant à une petite plage secrète, accessible par un sentier escarpé taillé dans la roche.
  • Les mines de soufre de Paliorema : un site industriel abandonné aux couleurs jaunes et ocres, offrant une atmosphère mystérieuse face à la mer.

Remonter aux origines de la mythologie sur l’île sacrée de Délos

Au centre géographique et spirituel des Cyclades se dresse Délos, une île inhabitée aujourd’hui mais qui fut, durant l’Antiquité, le cœur battant du commerce et de la religion en Méditerranée. Visiter Délos n’est pas une simple excursion, c’est un pèlerinage vers les racines de la civilisation occidentale, sur le lieu de naissance légendaire d’Apollon et d’Artémis.

Accessible principalement depuis Mykonos, le site archéologique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, impressionne par son immensité et son état de conservation.

Arpenter la Terrasse des Lions, où des fauves de marbre gardent le Lac Sacré depuis plus de deux millénaires, procure un frisson unique, celui de toucher du doigt la grandeur passée d’une cité cosmopolite.

On y découvre les vestiges de riches demeures décorées de mosaïques complexes, des théâtres, des gymnases et des temples dédiés à des divinités non seulement grecques, mais aussi égyptiennes et syriennes, preuve du brassage culturel intense de l’époque.

Pour apprécier pleinement la visite, il est crucial de faire appel à un guide conférencier capable de redonner vie à ces pierres silencieuses et d’expliquer le système sophistiqué de gestion de l’eau et l’organisation urbaine de l’île.

L’ascension du mont Cynthe, point culminant de l’île, bien que demandant un petit effort physique, récompense le voyageur par une vue panoramique à 360 degrés sur l’archipel environnant. De là-haut, on comprend pourquoi les anciens Grecs voyaient en Délos le centre d’un cercle (kyklos) formé par les autres îles, donnant ainsi leur nom aux Cyclades.

C’est un moment de contemplation pure, loin de l’agitation moderne, où le vent des Cyclades semble porter les murmures des anciens oracles.

Randonner à travers les vallées verdoyantes de Naxos

Souvent négligée au profit de ses voisines plus célèbres, Naxos est pourtant la plus grande et la plus verte des îles des Cyclades, offrant un terrain de jeu exceptionnel pour les amateurs de nature et de randonnée. Naxos brise le stéréotype de l’île grecque aride, dévoilant des vallées fertiles, des oliveraies centenaires et des sommets montagneux imposants.

L’ascension du mont Zeus (ou mont Zas), le point culminant des Cyclades s’élevant à 1004 mètres, constitue un défi accessible et gratifiant, traversant des paysages variés où l’odeur du thym et de l’origan sauvage embaume l’air.

Selon la mythologie, c’est dans une grotte de cette montagne que Zeus aurait passé son enfance, ajoutant une dimension mythique à l’effort sportif. Du sommet, la vue s’étend sur l’ensemble de la mer Égée, permettant par temps clair d’apercevoir les côtes de la Turquie.

Mais la randonnée à Naxos ne se limite pas à la haute montagne ; l’île est sillonnée de sentiers byzantins reliant des villages pittoresques comme Halki ou Apiranthos, où le marbre est omniprésent, pavant les rues et ornant les façades.

Ces villages de l’intérieur ont su préserver une atmosphère traditionnelle, loin du tourisme de masse, avec des places ombragées par des platanes géants où les anciens se réunissent pour discuter.

Au détour d’un chemin, il n’est pas rare de tomber nez à nez avec un Kouros, ces gigantesques statues de marbre inachevées gisant au sol depuis l’époque archaïque, abandonnées par les sculpteurs antiques à cause de défauts dans la pierre.

Ces géants de pierre, comme celui de Melanes, offrent un témoignage émouvant du processus créatif des anciens artisans et de la richesse des carrières de marbre de l’île.

« Marcher à Naxos, c’est rejoindre le fil d’une histoire ininterrompue, où chaque pierre, chaque arbre et chaque sentier semble porter la mémoire des siècles. »

Découvrir l’art de la céramique et la gastronomie à Sifnos

Pour les voyageurs en quête d’élégance discrète et de plaisirs gourmands, Sifnos s’impose comme la destination gastronomique par excellence des Cyclades. Patrie de Nikolaos Tselementes, le chef qui a codifié la cuisine grecque moderne au début du XXe siècle, l’île cultive une tradition culinaire d’une grande finesse.

Ici, la cuisine se fait lentement, souvent dans des fours à bois communaux, privilégiant les produits locaux et les recettes ancestrales transmises de génération en génération.

Le plat emblématique à ne pas manquer est la « revithada », une soupe de pois chiches mijotée toute la nuit dans un pot en terre cuite spécifique appelé « skepastaria », servie traditionnellement le dimanche midi.

La dégustation se fait idéalement dans une taverne d’Artemonas ou d’Apollonia, accompagnée d’un fromage local comme le manoura ou le xynomyzithra. Sifnos est également réputée pour sa poterie, un art favorisé par la qualité de l’argile locale, et visiter les ateliers des artisans permet d’observer un savoir-faire séculaire toujours bien vivant.

Les ateliers, souvent situés en bord de mer comme à Vathi ou Cheronissos, ouvrent leurs portes aux visiteurs curieux de voir le tour de potier en action.

L’architecture de Sifnos se distingue par son harmonie et son soin du détail, avec ses murets de pierre sèche parfaitement entretenus et ses centaines de chapelles aux dômes bleus ou blancs parsemant les collines.

Se promener dans le village fortifié de Kastro, l’ancienne capitale, offre un voyage dans le temps avec ses ruelles médiévales étroites, ses loggias vénitiennes et sa vue imprenable sur la mer Égée depuis les remparts.

L’atmosphère y est paisible, propice à la flânerie et à la contemplation, loin des décibels des beach bars d’autres îles plus fêtardes.

Plonger dans le grand bleu sur l’île sauvage d’Amorgos

Rendue célèbre par le film de Luc Besson « Le Grand Bleu », Amorgos a su conserver une beauté sauvage et austère qui attire les âmes en quête d’authenticité brute. C’est une île de contrastes forts, où les montagnes abruptes plongent vertigineusement dans une mer d’un bleu profond et intense.

Le monastère de la Panagia Hozoviotissa, littéralement plaqué contre une falaise à 300 mètres au-dessus des flots, est sans conteste l’un des monuments les plus spectaculaires de toute la Grèce.

Pour l’atteindre, il faut gravir un long escalier de pierre, mais l’effort est récompensé par la beauté saisissante de cet édifice blanc immaculé, semblant défier les lois de la gravité depuis le XIe siècle. À l’intérieur, les moines accueillent les visiteurs avec du « psimeni raki », une liqueur locale au miel et aux épices, et des loukoums, dans une tradition d’hospitalité qui réchauffe le cœur.

Amorgos est également un paradis pour les marcheurs, avec un réseau de sentiers balisés (« Blue Paths ») qui traversent l’île de part en part, offrant des vues constantes sur la mer.

Les plages d’Amorgos, bien que souvent de galets ou de rochers, offrent des eaux d’une transparence absolue, idéales pour le snorkeling et la plongée sous-marine. La plage d’Agia Anna, avec ses petites criques rocheuses, est le lieu de tournage emblématique du film et reste un spot incontournable pour se baigner dans un décor cinématographique.

L’ambiance sur l’île est plus bohème et détendue, attirant une clientèle fidèle qui revient année après année pour se ressourcer au contact de cette nature puissante.

Les plus belles plages pour profiter des eaux cristallines d’Amorgos :

  • Agia Anna : célèbre pour ses eaux profondes et son cadre rocheux spectaculaire.
  • Mouros : une plage isolée avec des grottes marines accessibles à la nage, idéale pour le snorkeling.
  • Kalotaritissa : une baie abritée au sud de l’île, offrant des eaux calmes et turquoises, parfaites pour la détente.

Se perdre dans le labyrinthe cosmopolite de Paros et Naoussa

Paros représente l’équilibre parfait au sein des Cyclades, combinant plages de sable fin, villages traditionnels, vie nocturne animée et patrimoine historique. Naoussa, ancien port de pêche au nord de l’île, est devenu l’un des endroits les plus chics et photogéniques de l’archipel, tout en conservant le charme de ses origines maritimes.

Le vieux port, avec ses bateaux de pêche colorés (caïques) et les vestiges d’une forteresse vénitienne partiellement immergée, se transforme le soir venu en un vaste restaurant à ciel ouvert où l’on dîne de poisson frais au bord de l’eau.

Les ruelles pavées de Naoussa, blanchies à la chaux et fleuries de bougainvilliers éclatants, abritent des boutiques de créateurs, des bars à cocktails sophistiqués et des galeries d’art, créant une ambiance vibrante et cosmopolite.

Cependant, Paros ne se résume pas à son glamour ; l’arrière-pays, avec le village de Lefkes, offre une retraite paisible au cœur des montagnes. Lefkes, ancienne capitale construite en amphithéâtre, a conservé son architecture néoclassique et ses places tranquilles, loin de l’effervescence côtière.

Pour les amateurs de sports nautiques, la côte sud-est de Paros, notamment Golden Beach (Chrissi Akti), est un spot de renommée mondiale pour la planche à voile et le kitesurf, grâce aux vents constants du Meltemi qui soufflent dans le canal entre Paros et Naxos.

Enfin, une visite à Paros ne serait pas complète sans découvrir l’église de la Panagia Ekatontapiliani (la Vierge aux cent portes) à Parikia, l’un des monuments paléochrétiens les plus importants et les mieux conservés de Grèce.

Ce mélange de divertissement, de culture et de détente balnéaire fait de Paros une destination polyvalente, capable de séduire aussi bien les familles que les groupes d’amis ou les couples en lune de miel.

« Voyager dans les Cyclades, c’est accepter de perdre la notion du temps pour retrouver l’essentiel : la mer, le soleil et l’hospitalité. »

FAQ : que faire aux Cyclades ?

Quelle est la meilleure période pour visiter les Cyclades ?
La période idéale s’étend de mai à juin et de septembre à octobre. Durant ces mois, le climat est agréable, l’eau est propice à la baignade, et l’affluence touristique est moindre qu’en juillet-août. Le printemps offre des paysages fleuris magnifiques, tandis que l’automne bénéficie d’une mer réchauffée par l’été.

Combien de temps faut-il prévoir pour un séjour ?
Pour profiter pleinement de l’expérience sans courir, comptez au minimum 10 à 14 jours. Cela permet de visiter 3 à 4 îles différentes en prenant le temps de s’imprégner de l’atmosphère de chacune, en tenant compte des temps de trajet en ferry qui peuvent varier selon les conditions météorologiques.

Comment se déplacer entre les îles ?
Le ferry est le moyen de transport roi dans les Cyclades. Il existe des ferries conventionnels (plus lents, plus stables et moins chers) et des « Highspeed » ou catamarans (plus rapides mais plus sensibles à la houle). Il est vivement conseillé de réserver ses billets à l’avance, surtout en haute saison, pour garantir sa place et optimiser son itinéraire.

Quel budget prévoir pour un voyage dans les Cyclades ?
Le budget peut varier considérablement selon les îles et le style de voyage. Santorin et Mykonos sont nettement plus onéreuses que des îles comme Naxos, Paros ou Milos. En moyenne, pour un séjour confortable (hôtels de charme, repas au restaurant, locations de voiture), prévoyez entre 150 et 250 euros par jour et par personne. Les îles moins connues comme Sifnos ou Amorgos offrent souvent un meilleur rapport qualité-prix.

Faut-il louer une voiture sur chaque île ?
Oui, la location d’un véhicule (voiture, quad ou scooter) est fortement recommandée sur la plupart des îles comme Milos, Naxos ou Paros pour accéder aux plages isolées et aux villages de l’intérieur. Cependant, sur les très petites îles ou pour des séjours courts centrés sur les villes principales, les bus locaux ou les taxis peuvent suffire.

Sources