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Dans ce documentaire de «Spécial investigation», le journaliste Camille Le Pomellec sillonne la France et l’étranger afin d’ouvrir le dossier des «Enfants sur mesure» et de recenser les risques posés par la recherche du bébé idéal. À Montpellier, il a d’abord suivi le parcours d’une candidate à une insémination au Danemark. À l’inverse de la législation française, la démarche y est autorisée pour les célibataires, même fertiles. «La jeune femme est aspirée par un mouvement qui bouleverse presque tous les pays du monde: la sélection des bébés», précise le journaliste. Sur Internet, elle découvre un «catalogue» répertoriant minutieusement les géniteurs. Son premier choix se porte sur un Américain qu’elle découvre via une photo datant d’une vingtaine d’années. C’est la règle. Les clientes ont la possibilité de consulter, par ailleurs, un dossier médical courant sur trois générations. Les hommes peu fréquentables sont prestement écartés de ces listes où les «Vikings» apparaissent en masse. Question de robustesse. Parmi les qualités déterminantes demandées aux postulants? «Ce qui nous intéresse, c’est la mobilité des spermatozoïdes, indique un responsable. Elle doit être plus importante que la moyenne. On n’accepte que 5% des candidats.» D’un revers de main, il balaie l’argument selon lequel une telle pratique est susceptible de favoriser un univers de clones : «C’est comme dans la vie, lorsque vous choisissez un partenaire ! Nos clientes choisissent leurs donneurs en fonction de critères bien à elles.» Même engouement pour ces méthodes de choc aux États-Unis. En Californie, des cliniques offrent même un casting d’étalons retenus pour leurs ressemblances avec des stars hollywoodiennes! Toujours en Amérique, l’enquêteur a rencontré le créateur d’un site où dialoguent d’anciens «enfants sur mesure». À travers les différents échanges, le prénommé Ryan a constaté que des anomalies de santé concernaient parfois l’intégralité des personnes issues d’un même géniteur. En termes graves, le professeur Capron dénonce les inévitables dérapages: «On a maintenant des docteurs qui utilisent des techniques qui n’ont pas pour objectif d’éviter des maladies graves à un enfant mais qui répondent uniquement aux désirs des parents.» Des parents qui utilisent volontiers la fécondation in vitro pour sélectionner des embryons selon leur profil génétique.\r\nDe manière intelligible, ce film instructif aborde ce sujet complexe en soulevant des questions intéressantes à bien des égards, mais inquiétantes sur beaucoup de points. Réalisé par Camille Le Pomellec, montage de Pauline Cathala.