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Aux portes du désert, dans le centre de la Tunisie, Metlaoui est la principale cité minière du pays. Ici on extrait du phosphate, un minerai stratégique pour la fabrication des cosmétiques, des détergents, des explosifs et surtout des engrais. Cette ressource représente 10% des exportations tunisiennes et une rentrée de devise essentielle pour ce petit pays en proie à une lourde crise économique. Si l’Etat a su développer l’exploitation de ce minerai, il n’a rien fait pour la région, considérée comme l’une des plus pauvres du pays, condamnant ainsi toute une population, les oubliés du phosphate. C’est cette population pourtant qui en 2008 lancera les premières révoltes durement réprimées contre le gouvernement, qui déboucheront trois ans après sur la révolution. Son combat est à l’origine du printemps arabe. La situation dans le bassin minier est le révélateur d’une situation plus générale, celle du pays entier.  » Quand le bassin minier tremble, c’est toute la Tunisie qui vacille « , dit-on dans la capitale. Trois ans après la révolution, le pays est à l’heure des bilans : bilan politique et bilan économique. Les aspirations du peuple, qui se mêlent étroitement à celles des mineurs ont-elles été reconnues ? La Tunisie à l’heure de la révolution et de la mondialisation va-t-elle réussir son formidable pari de la démocratie ?Un documentaire d’Eric de Lavarène.