En juin 1967, la victoire militaire israélienne est fulgurante. À Jérusalem-Est, les généraux victorieux — Moshe Dayan, Uzi Narkiss et Yitzhak Rabin — entrent dans la ville conquise. Dayan veut que l’instant devienne un symbole. Un photographe militaire est chargé d’en fixer l’image. L’histoire commence aussi par une mise en scène.

Pendant que ces images circulent, la réalité militaire et politique se joue ailleurs. À Amman, les états-majors arabes assistent à l’effondrement du front jordanien. En Cisjordanie, l’armée israélienne progresse rapidement, souvent sans validation politique claire, et prend le contrôle de territoires densément peuplés. Les décisions se prennent sur le terrain, dans l’urgence, sans plan global établi à l’avance.

Très vite, la question des civils s’impose. Sur l’axe stratégique Jérusalem–Tel-Aviv, plusieurs villages palestiniens sont vidés de leurs habitants. Amwas est détruit, puis effacé du paysage. Des témoins israéliens et palestiniens racontent l’expulsion, la panique, l’exil, et la disparition physique de lieux de vie entiers.

Au désert du Sinaï, l’armée égyptienne bat en retraite dans le chaos. Les ordres sont confus, les colonnes encerclées, des dizaines de milliers de soldats faits prisonniers. Les récits de combattants des deux camps, croisés avec des images filmées sur le terrain, révèlent la violence brute d’une guerre éclair.

Archives, photographies, témoignages directs et paroles de militaires composent le récit d’un moment fondateur, où la victoire militaire ouvre une ère nouvelle : celle de l’occupation, du contrôle des territoires, et de conflits appelés à durer.


Un documentaire de Ilan Ziv