Déclenchée en 1853 dans le contexte de la « question d’Orient », c’est-à-dire de l’affaiblissement progressif de l’Empire ottoman, la guerre oppose la Russie à une coalition formée par la France, le Royaume-Uni et bientôt le Piémont-Sardaigne. Sous couvert de protéger les chrétiens d’Orient et de défendre ses droits sur les Lieux saints, la Russie cherche à accroître son influence au sein d’un Empire ottoman fragilisé, notamment vers les Balkans et les détroits. Du siège de Sébastopol aux négociations qui aboutissent au congrès de Paris de 1856, le conflit se situe au cœur des rivalités entre grandes puissances.
À travers une relecture centrée sur ces équilibres continentaux, Yves Bruley restitue la logique d’ensemble du conflit. L’analyse des initiatives menées tout au long des opérations et des discussions qui aboutissent au congrès de Paris fait apparaître un affrontement qui dépasse largement le théâtre criméen. Cette séquence consacre l’affirmation d’une pratique multilatérale des relations entre États et replace la France de Napoléon III au centre du jeu international.