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A la fin des années 80, la révolution populaire sandiniste est exsangue. En échange de la levée du blocus économique imposée par les Etats Unis, et de l’aide financière de la Banque mondiale et du FMI, le nouveau gouvernement doit libéraliser l’économie du pays. Les premières maquiladoras, les usines de sous-traitance, s’installent, puis se répandent comme des petits pains. Aujourd’hui, rares sont les voix qui s’élèvent contre les conditions de travail dans les maquiladoras. Ces zones franches accueillent des entreprises souvent nord-américaines, coréennes ou taïwanaises. Spécialisées dans la confection, elles fabriquent à bas coût, des jeans, des polos, ou des baskets qui finiront dans nos placards. La main d’oeuvre est la moins chère d’Amérique centrale. Si ces zones franches ont offert un emploi précaire à plus de 100 000 nicaraguayens, elles n’ont pas été le moteur de développement promis. Le retour au pouvoir de l’ancien leader sandiniste, Daniel Ortega n’y a rien changé. Au contraire, l’emploi en zone franche continue de se multiplier. Mais le pays est toujours le plus pauvre d’Amérique latine derrière Haïti. Un documentaire d’Anne-Charlotte Gourraud.