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Pour satisfaire à son projet d’expansion coloniale, l’Allemagne perpètre, à partir de 1904 en Namibie, le premier génocide du XXe siècle. Un crime méconnu que les descendants des victimes, les peuples herero et nama, tentent de faire sortir de l’oubli. C’est l’histoire d’un crime monstrueux, celle de l’extermination programmée de deux peuples africains, que Fabrice d’Almeida propose de découvrir ce soir dans La Case du siècle. L’histoire de dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants assassinés ou morts de faim et d’épuisement dans des camps. Celle d’êtres humains simplement balayés de la surface d’une terre convoitée par d’autres. Combien sont-ils à avoir été ensevelis dans le désert ? Difficile à savoir précisément puisque la plupart n’ont pas reçu de sépulture. Mais des preuves existent et les auteurs de cette terrible forfaiture, les Allemands, n’ont pas manqué de consigner soigneusement les décès survenus dans ce qui ont été les premiers camps de concentration. En moins de cinq ans, ils ont anéanti les trois quarts de la population herero, majoritaire jusque là dans le pays, et la moitié des Namas. Selon l’historien David Bargueno de l’université de Yale, aux Etats-Unis, il s’agit du « premier génocide du XXe siècle ». C’est pour le faire reconnaître et obtenir réparation de la part du gouvernement fédéral que se battent aujourd’hui les descendants des victimes.