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Épris d’aventure, John Huston est entré au panthéon du cinéma avec une poignée de chefs-d’oeuvre, du « Faucon maltais » à « Gens de Dublin », en passant par « La nuit de l’iguane ». Ce portrait célèbre un esprit libre qui a su s’affranchir des diktats hollywoodiens. Barbe poivre et sel et cigare au bec, il a tout d’un baroudeur à la Hemingway. Dès le début de sa carrière de cinéaste, à l’orée des années 1940, John Huston n’a eu qu’une idée : préserver sa liberté. S’il a su s’affranchir d’Hollywood, son tour de force aura été d’obtenir des grands studios les stars qu’il désirait (Humphrey Bogart, Marilyn Monroe, Katharine Hepburn, Gregory Peck, Richard Burton…) et surtout les budgets colossaux dont il avait besoin pour tourner dans des décors naturels, de préférence sauvages. Du « Faucon maltais » à « Gens de Dublin », réalisé peu avant sa mort, en 1987, en passant par « The African Queen », « La nuit de l’iguane », « Moby Dick », « Les désaxés » ou encore « Au-dessous du volcan », le cinéaste s’est fait une spécialité de porter au cinéma de grandes œuvres littéraires réputées inadaptables. De film en film, aussi, il n’a eu de cesse de montrer combien l’aventure et les épreuves révèlent les êtres à eux-mêmes et aux autres. Fils unique d’une journaliste et du comédien Walter Huston, John Huston a eu mille vies avant de trouver sa voie. Il fut ainsi tour à tour boxeur amateur, reporter, dialoguiste, scénariste, acteur et même officier dans les rangs de la jeune armée mexicaine. Il a 27 ans lorsqu’il découvre pour la première fois l’Europe, où sa famille l’envoie en 1933 se faire oublier après avoir causé, en voiture, la mort d’une passante. Après avoir vécu la bohème à Paris, il retrouvera l’Ancien Continent quelques années plus tard, mobilisé dans l’équipe des cinéastes militaires de l’US Army que dirige Frank Capra, et ne le quittera plus jamais tout à fait en s’installant en Irlande, la terre de ses ancêtres, où il occupera ses moments perdus en collectionnant des œuvres d’art, en peignant et en parcourant la lande à cheval. Suivant ses traces des États-Unis, où il naquit en 1906, jusqu’en Irlande en passant par le Mexique, Marie Brunet-Debaines (« Antoine de Saint-Exupéry – Le dernier romantique », « Françoise Sagan, l’élégance de vivre »…) rend hommage à son amour de la liberté au travers d’extraits de ses films et d’interviews d’archives. Le portrait touchant d’un homme profond, cultivé et cosmopolite, qui a toujours mis un soin jaloux à déroger aux clichés hollywoodiens. Documentaire de Marie Brunet-Debaines disponible jusqu’au 04/05/2022.