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Dans son dernier long métrage, la cinéaste Marion Hänsel – disparue en 2020 – revisite sa vie dans un émouvant collage de souvenirs. Entre l’anodin et le fondateur, les peines et les joies, un film testament empli de délicatesse.   Les doigts fins d’une femme glissent sur un drap blanc. Une brise fait doucement gonfler les rideaux de sa chambre d’hôpital. Elle dit qu’elle ferme les yeux, et la voilà qui largue les amarres vers son passé. Bercée par le clapotis de flots irisés, elle descend avec ses sœurs l’escalier qui mène à une plage ensoleillée de Marseille, où elle a vu le jour. Ses souvenirs, petites bulles de bonheur, de peur ou de chagrin, remontent doucement à la surface. L’enfance à Anvers, les promenades en calèche avec « bon-papa », le père trop tôt remarié, la mère seule avec six enfants, l’école d’art dans le Devonshire, l’aventure du théâtre à New York, et bientôt l’appel de nouveaux horizons sur grand écran…  Lion d’argent à la Mostra de Venise en 1985 avec Dust, la cinéaste Marion Hänsel est décédée en juin 2020. Il était un petit navire est son treizième et dernier long métrage. En un collage émouvant d’images, pas uniquement familiales, elle reconstruit visuellement les éléments fugaces qui ont jalonné son parcours. Tels des petits cailloux, les souvenirs qu’elle sème à la manière d’un facétieux Poucet portent en eux l’anodin et l’essentiel, l’accessoire et le fondateur. Se jouant de la mort qui l’attend, elle s’en libère avec légèreté, avançant droit devant, dans le dernier plan de son film testament, en serrant la main de Jan, son fils bien-aimé. Documentaire disponible jusqu’au 04/01/2022.