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Depuis plus de vingt ans, Songho suit un traitement pour soigner sa schizophrénie à l’Hôpital Psychiatrique de Thiaroye au Sénégal où il vit dans une petite pièce aménagée. C’est au milieu des potagers, cadre calme et isolé, qu’il écrit ses chansons philosophiques et rêve de gloire musicale. Aidé par un ethnomusicologue qui l’encadre sur ses créations, Songho compte sur ses économies de jardinier pour enregistrer son album et convaincre les producteurs de son talent. Il doit dominer les séquelles souvent présentes de sa maladie pour affronter la dure réalité du show-business dakarois. « Songho » est un « film-rencontre ». Derrière le portrait d’un homme se cache celui d’une relation. Kady Diedhiou signe ici un film très simple mais elle se confronte à cette question centrale du documentaire : la relation filmeur-filmé. Elle s’y frotte, un peu plus, à chaque nouvelle séquence filmée jusqu’à l’affronter dans une dernière scène en guise d’au-revoir, comme une rupture. Et si elle dédie son film « aux relations humaines et à l’amitié », c’est bien qu’avec « Songho » elle touche quelque chose de sensible et de rare. Un documentaire de Kady Diedhiou, Vie des hauts production