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Ce docu n'a pas de note Il n’y a encore pas si longtemps sur l’île de Luzon aux Philippines, certaines tribus s’affrontaient dans de sanglants combats. Le vainqueur ramenait comme trophée la tête de son ennemi pour lui rendre hommage. Ces guerres se passaient loin de la civilisation, vers les hauts sommets de la cordillère où se cachent des centaines de petits villages. Pour mettre fin à ces conflits et ramener l’autorité de l’état, le gouvernement philippin décida de construire une route entre Bontoc et Tabuk, les deux grandes villes du nord. Des travaux titanesques ont commencé il y a plus de cent ans et pourtant la route ne ressemble aujourd’hui qu’à une piste. Elle s’appelle la route des Kalingas, la route des coupeurs de têtes. Chaque jour, Christopher le chef de travaux tente avec ses pelleteuses d’ouvrir la route et chaque nuit la montagne en recouvre une partie. Des milliers de mètres cube de terres et de roches qui emportent tout sur leurs passages. Le lendemain, si les machines n’ont pas été ensevelies par les coulées, il faut tout recommencer. La kalingas est en effet un axe économique important. Les chauffeurs de bus y prennent tous les risques pour amener à destination leurs lots de passagers. Il faut près d’une journée si tout va bien pour parcourir les 90 kilomètres. Il n’existe aucune ligne d’état, tous les bus sont privés. Ed possède et conduit un bus de plus de vingt ans d’âge qui tangue dangereusement. Sans les talents du chauffeur, le bus peut à tout instant se renverser dans le ravin, comme cela arrive trop souvent. Fernando est ouvreur de route. Il enlève chaque pierre qui entrave leur chemin. Mais, surtout, pour éviter de se faire emporter par une coulée de terre, il scrute la montagne. A la moindre pierre, au moindre signe d’éboulement, Fernando stoppe le bus. Certains villages très isolés sont inaccessibles. Il faut alors faire de longues heures de marche ou bien emprunter un moto taxi pour arriver à destination. Watari et ses motards de l’extrême n’ont peur de rien. C’est sans casque et en tongs qu’ils transportent les voyageurs et leurs marchandises. Cette route de l’impossible, c’est aussi le chemin qu’empruntent des milliers de personnes afin de rencontrer Santino. Cet homme aurait le don extraordinaire de faire marcher les handicapés et de guérir les maladies graves. D’après lui, il peut même réveiller les morts grâce à une eau miraculeuse. Ce bus transporte aussi des aventuriers avec leurs rêves de richesse. Au plus haut des montagnes se trouvent des mines d’or… Un documentaire de Jérémy Defalt, Richard Montrobert.