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Ce docu n'a pas de note Du soulèvement d’Alep à la terrible répression orchestrée par le régime syrien, ce témoignage exceptionnel a été filmé de l’intérieur par une jeune mère pour sa fille. Un message d’amour doublé d’un cri de désespoir lancé au reste du monde. En 2011, Waad al-Kateab, 18 ans, quitte sa famille pour rejoindre les bancs de l’université d’Alep, au nord de la Syrie. Avec son appareil photo, l’étudiante en économie capture le vent d’optimisme, né des printemps arabes, qui s’est emparé de la ville. Bientôt, elle rencontre Hamza, un jeune médecin, et ils manifestent ensemble contre la dictature de Bachar el-Assad. Quand la répression du régime se fait de plus en plus brutale, Waad continue de filmer. Autour d’elle, les civils tombent sous les balles des snipers, succombent au chlore largué lors des raids aériens, sont ensevelis sous leurs maisons déchiquetées. Malgré le danger omniprésent, Waad et Hamza se marient et emménagent dans leur premier appartement. En 2015, lorsque la Russie s’engage militairement auprès du régime syrien, la violence contre les rebelles d’Alep monte d’un cran. Refusant de fuir, le jeune couple veut continuer à se battre pour la liberté. Un an plus tard, Sama, leur petite fille, pousse son premier cri. Les images tremblent. Au détour d’un couloir, une déflagration, la panique et la poussière qui rend l’air irrespirable. Dans le sous-sol de l’hôpital où travaille Hamza, les blessés s’entassent… « Sama, tu es ce qui nous est arrivé de plus beau. Mais quelle vie ai-je à t’offrir, toi qui n’as rien demandé à personne ? », s’interroge Waad en contemplant sa fille. Du rire aux larmes, des petits bonheurs aux grandes terreurs, Waad al-Kateab a filmé pendant cinq ans, d’abord avec son téléphone portable puis avec une caméra, l’espoir né à Alep avant que le chaos ne s’empare de la ville assiégée. Pour son enfant, qui sourit entre ses bras et sursaute au fracas des tirs, la jeune femme saisit un monde solidaire aux abois, où chacun se débat pour sa survie, mais aussi celle des autres. Épaulée par le réalisateur britannique Edward Watts, qui l’a aidée à monter plus de cinq cents heures de rushes, Waad al-Kateab témoigne de l’horreur ordinaire : « Jamais nous n’aurions imaginé que le monde puisse permettre cela. » Documentaire d’Edward Watts et Waad Al-Kateab disponible jusqu’au 08/01/2022