La conférence MethagriDay met en lumière les usages concrets du biométhane après sa phase de production en méthaniseur. Organisée avec le soutien des Chambres d’agriculture des Hauts-de-France, cette présentation réunit les expertises de GRDF et de la jeune entreprise Azola.

L’objectif est de démontrer comment le gaz vert devient un pilier stratégique pour la mobilité propre et la transition énergétique des territoires.

Ce qu’il faut retenir

Le BioGNV constitue une réponse opérationnelle aux exigences environnementales des transports. Il offre une réduction massive des émissions polluantes et permet d’accéder aux zones à faibles émissions.

L’essor des infrastructures d’avitaillement et le soutien réglementaire favorisent la conversion des flottes de poids lourds et de véhicules agricoles vers ce carburant d’origine renouvelable.

La micro-liquéfaction du biométhane apporte une flexibilité clé pour résoudre la saturation des réseaux d’injection estivaux et éviter le torchage du gaz.

Le BioGNV : valoriser le biométhane en carburant

Le gaz naturel pour véhicules (GNV) et sa version renouvelable issue de la méthanisation, le BioGNV, représentent une solution technique immédiatement mature. Contrairement au GPL composé de butane et de propane fossiles, le BioGNV s’appuie sur la chaîne de valeur locale des déchets organiques. Cette ressource disponible localement remplace directement les carburants d’origine pétrolière.

L’utilisation du BioGNV garantit une amélioration drastique de la qualité de l’air. L’utilisation de ce carburant renouvelable génère jusqu’à 80 % d’émissions de CO2 en moins par rapport au gazole. Il diminue également l’émission de particules fines et d’oxydes d’azote. De plus, la réduction des nuisances sonores divise par deux le niveau sonore des moteurs, garantissant un confort appréciable pour les chauffeurs routiers et les riverains.

Les contraintes réglementaires renforcent l’intérêt économique du gaz vert. Le déploiement des zones à faibles émissions rend indispensable la possession d’une vignette Crit’Air 1 pour accéder aux centres urbains. Les transporteurs bénéficient d’un suramortissement fiscal à l’achat des véhicules, ce qui permet d’optimiser le coût global de détention des flottes.

Le réseau de distribution s’agrandit de manière constante sur l’ensemble du territoire national. Une station d’avitaillement peut délivrer du gaz naturel comprimé (GNC) directement raccordé au réseau ou du gaz naturel liquéfié (GNL). Les équipements intègrent des compresseurs et des réserves sous pression pour offrir des temps de plein identiques à ceux du gazole.

La progression du parc automobile au gaz concerne principalement le transport de marchandises et de voyageurs. La part de marché du GNV est particulièrement élevée pour les autobus urbains et progresse fortement chez les autocars ainsi que les poids lourds. La programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit une croissance continue de ces immatriculations d’ici 2030.

Les applications du BioGNV s’étendent désormais au secteur agricole grâce au développement de prototypes de tracteurs fonctionnant au biométhane. Ces engins permettent aux exploitations agricoles équipées d’un méthaniseur d’utiliser directement leur propre énergie. Des expérimentations sont également en cours dans les transports ferroviaires régionaux et le secteur maritime.

Micro-liquéfaction : flexibilité et stockage du biométhane

L’injection du biométhane dans le réseau public rencontre parfois des blocages liés à la congestion estivale. Durant la période chaude, la consommation globale de gaz baisse fortement alors que la production biologique des méthaniseurs reste constante. Cette situation contraint parfois les exploitants à brûler à la torche une part significative de leur volume annuel.

La technologie de micro-liquéfaction développée par la société Azola résout cette problématique. Le procédé consiste à purifier le biométhane puis à le liquéfier sous forme de BioGNL en utilisant de l’azote liquide. Cette transformation réduit le volume du gaz d’un facteur 600, facilitant ainsi son stockage temporaire dans des cuves cryogéniques dédiées.

L’installation fonctionne de manière totalement discontinue et s’adapte aux variations de la demande. Le système ne requiert pas de machines tournantes lourdes comme des compresseurs ou des pompes cryogéniques. La circulation du fluide s’effectue naturellement en exploitant la différence de pression disponible en sortie d’épuration.

Le dispositif s’intègre facilement au sein des exploitations agricoles en raison de sa conception modulaire en skids préfabriqués. L’unité peut être raccordée au site en quelques jours seulement. Le gaz liquéfié ainsi conservé est ensuite réinjecté dans le réseau lors des pics de consommation ou directement valorisé comme carburant pour la mobilité lourde.

L’association de la production de biométhane et de la liquéfaction locale sécurise l’économie des projets de méthanisation. Cette complémentarité offre une gestion lissée de la ressource énergétique et garantit une valorisation maximale de la matière organique sans aucun gaspillage.