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Cette première guerre mondiale eut surtout des causes lointaines et fut l’aboutissement des rivalités impérialistes qui déchiraient l’Europe un demi-siècle et se traduisaient dans le jeu des alliances : Allemagne et Autriche-Hongrie puis Triplice (avec l’Italie), France et Russie puis Triple Entente (avec la Grande-Bretagne). Les responsabilités dans le déclenchement de cette tragédie apparaissent très partagées. Le détonateur du processus aboutissant à la guerre est le double assassinat de l’archiduc François–Ferdinand, héritier du trône d’Autriche- Hongrie et de son épouse, à Sarajevo le 28 juin 1914 par un étudiant nationaliste serbe de Bosnie. Les autorités autrichiennes soupçonnent immédiatement la Serbie voisine d’être à l’origine du crime et pensent avoir trouvé le prétexte d’en finir avec le foyer pro-slave que constitue la Serbie. En Allemagne, l’empereur Guillaume II assure l’Autriche de son appui inconditionnel et lui conseille la fermeté. Après concertation avec l’Allemagne, le 23 juillet, l’Autriche-Hongrie lance un ultimatum en dix points à la Serbie dans lequel elle exige que les autorités autrichiennes puissent enquêter en Serbie. Le lendemain, à l’issue de son Conseil des ministres tenu sous la présidence du Tsar Nicolas II à Krasnoïe-Sélo, la Russie ordonne la mobilisation générale pour les régions militaires d’Odessa, Kiev Kazan et Moscou ainsi que pour les flottes de la Baltique et de la mer Noire. Les Serbes décrètent la mobilisation générale le 25 et, au soir, déclarent accepter tous les termes de l’ultimatum, hormis celui réclamant que des enquêteurs autrichiens se rendent dans le pays. Suite à cela, l’Autriche rompt ses relations diplomatiques avec la Serbie, et ordonne le lendemain, une mobilisation partielle contre ce pays pour le 28, jour où, sur le refus d’approuver son ultimatum lancé 5 jours plus tôt, elle lui déclare la guerre.