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L’histoire du reggae, qui remonte aux luttes d’émancipation des Noirs au XXe siècle, permet d’en décrypter les codes. Durant et après la Seconde Guerre mondiale, les Jamaïcains découvrent les big bands de jazz et le rhythm’n’blues des Américains qui occupent leur île. Après l’indépendance, en 1962, le ska se propage très vite, relayé ensuite par le rocksteady puis le reggae. Le terme est inspiré d’un morceau de Frederick « Toots » Hibbert, leader de Toots & the Maytals, en 1967, Do The Reggay. Il serait la synthèse de regularguy (« un gars réglo ») ou au contraire, selon d’autres connaisseurs, une référence à la violence ou au conflit (« streggae » et « regge regge » en langue vernaculaire).  Paroles et musiques évoquent l’homme noir, la culture rasta, l’Éthiopie, un mode de vie naturel. Mais il faudra attendre le début des années 1970 et l’émergence de Bob Marley pour que ce mouvement s’impose sur la scène internationale. Le réalisateur est allé dans la capitale du reggae, Kingston, ainsi qu’au Rototom Sunsplash Festival, en Espagne. Il a rencontré des musiciens et des fans de plusieurs générations, interrogé des historiens et des militants rasta. L’occasion d’entendre notamment le guitariste Earl « Chinna » Smith – un compagnon de route de Bob Marley et des Wailers -, le frénétique DJ et chanteur Big Youth, ainsi que les représentants d’une nouvelle génération qui a donné un second souffle au mouvement : Addis Pablo, fils du légendaire Augustus Pablo, Kabaka Pyramid, Chronixx et Jah9.