À Coimbatore (Tamil Nadu, Inde), différents dispositifs de gestion des déchets urbains coexistent. D’une part, le service municipal est reconfiguré par un partenariat public-privé qui se traduit par la fermeture des décharges sauvages, la création d’un centre de stockage contrôlé et le déploiement d’une collecte sélective dans des quartiers pilotes. D’autre part, le secteur informel de la récupération brasse des volumes conséquents de déchets recyclables à travers une pyramide d’acteurs enchâssés : wastepickers, marchands, négociants, industrie régionale/nationale. De surcroît, un dispositif innovant, mis en place par un groupe industriel et nommé Wealth-Out-of-Waste (la richesse tirée des ordures), déploie une collecte sélective privée dans les quartiers aisés, où les agents rachètent les déchets secs aux ménages. La coexistence conflictuelle de ces trois dispositifs imbriqués, fondés sur des interactions distinctes (taxe, gratuité, rachat), illustre le déploiement d’un service municipal « modernisé » dans une société inégalitaire, avec un secteur informel omniprésent et des acteurs industriels qui mettent en œuvre des stratégies d’extraction minière urbaine.