Cette conférence s’inscrit comme un moment d’échange fondamental sur la médecine moderne et la capacité d’autoguérison. Le Dr Yann Rougier, accompagné de ses collaborateurs, y dresse un panorama complet des neurosciences appliquées au quotidien.

L’objectif est d’offrir une prise de conscience majeure sur l’épigénétique afin de permettre à chacun de devenir l’acteur principal de sa propre santé.

Ce qu’il faut retenir

  • L’épigénétique surpasse la génétique : notre comportement, notre alimentation et notre gestion du stress ont un impact beaucoup plus puissant sur l’expression de nos gènes que notre code ADN de naissance.
  • Le partenariat indispensable des deux médecines : la médecine des hommes (technologique et chirurgicale) est essentielle pour traiter l’aigu et sauver des vies, tandis que la médecine du corps (autoguérison) est indispensable pour gérer et prévenir le chronique.
  • L’importance de l’apprivoisement biologique : pour modifier durablement nos habitudes et optimiser nos neuro-hormones, il ne faut jamais imposer de contraintes extrêmes, mais plutôt intégrer de petits rituels quotidiens qui préservent le plaisir et le lien social.

L’impact de l’épigénétique et la médecine du corps

La médecine a atteint un niveau technologique absolument remarquable en un siècle. Cependant, elle stagne désormais si le patient ne collabore pas activement avec le thérapeute. Nous naissons tous avec un livre génétique qui détermine nos traits physiques ou nos prédispositions.

Pourtant, la science moderne démontre que l’environnement cellulaire est prédominant. Ce que nous mangeons, notre manière de respirer, notre gestion des émotions et notre activité physique influencent directement l’activation ou l’inhibition de nos gènes. C’est le principe même de l’épigénétique.

L’analyse des jumeaux séparés à la naissance le prouve de manière indiscutable. L’un peut développer une obésité et l’autre rester filiforme selon son hygiène de vie. Notre corps possède une médecine interne innée capable de gérer la fièvre, de cicatriser ou de consolider une fracture.

La médecine technologique excelle dans le traitement des crises aiguës. En revanche, elle perd du terrain face aux affections chroniques comme les maladies auto-immunes, la fibromyalgie ou la fatigue chronique. Pour ces pathologies, il devient vital de réveiller notre médecine du corps par des actions ciblées sur les cinq facteurs du vivant.

Les cinq facteurs du vivant et le Programme Delta 1

Le Dr Yann Rougier a codifié ces découvertes sous la forme d’un programme accessible appelé le protocole delta. Le mot delta symbolise une petite quantité en physique, soulignant l’absence de contrainte lourde. Le premier niveau s’adresse à tous et vise à doubler l’efficacité du système immunitaire grâce à des réflexes simples.

Le mouvement constitue le premier pilier à travers une marche quotidienne de deux fois quinze à vingt minutes. Le deuxième pilier concerne la respiration avec l’usage régulier de la cohérence cardiaque ou de la technique respiratoire appelée SB2.

Pour l’alimentation, aucune restriction majeure n’est imposée au départ. Il suffit de réapprendre à mâcher longuement et de privilégier des produits locaux et de saison. Le quatrième pilier est le transit intestinal. Une immense majorité de la population souffre de micro-inflammations dues à un manque de fibres. Une cuillère de psyllium doré ou de son d’avoine matin et soir, associée à des probiotiques, permet de restaurer cet équilibre.

Enfin, le programme recommande une recharge en compléments alimentaires de qualité à chaque changement de saison. Le magnésium sous forme de citrate ou de glycérophosphate est indispensable pour son assimilation. Il doit être combiné à de la vitamine C naturelle, de la vitamine D3, des oméga 3 pour contrer les inflammations provoquées par les oméga 6 industriels, et un complexe de vitamines B pour le système nerveux.

Le Programme Delta 2 et l’équilibre acido-basique

Lorsque le corps est apprivoisé après quelques semaines, il est possible de passer au second niveau du programme. Les exercices respiratoires passent idéalement à dix minutes trois fois par jour. On introduit alors la respiration en rectangle qui se pratique exclusivement par le nez. Elle alterne des phases d’inspiration, de rétention poumons pleins, d’expiration et de rétention poumons vides pour oxygéner les cellules sans les oxyder.

Sur le plan nutritionnel, l’accent est mis sur la surveillance des index glycémiques et sur le respect de l’équilibre acido-basique. Notre corps est légèrement alcalin et cherche constamment à maintenir ce pH. Les protéines et les graisses ont une tendance naturelle à acidifier l’organisme. Les fruits, les légumes et les aromates permettent à l’inverse de le basifier.

Une assiette idéale doit comporter environ soixante pour cent d’aliments alcalinisants. Les produits industriels et les sucres raffinés sont à proscrire car ils cumulent tous les effets toxiques. Une règle simple consiste également à ne jamais consommer de dessert sucré après un repas riche en féculents afin d’éviter l’inflammation digestive.

Pour la détoxification physique, la marche nordique est mise en avant. Grâce à l’usage des bâtons, elle soulage le poids du corps sur les articulations tout en faisant travailler l’ensemble des muscles. C’est une activité idéale pour harmoniser le système nerveux. Elle s’accompagne à chaque saison d’une cure de plantes de vingt et un jours combinant la prêle, l’ortie, le souci, le fenouil ou le ginkgo.

La relaxation et la gestion des émotions lourdes

Les neurosciences démontrent que notre système immunitaire et notre système hormonal sont directement connectés à notre activité cérébrale. Pour apaiser le stress, l’outil idéal est l’imagerie mentale guidée ou body scan. Cet exercice d’une dizaine de minutes consiste à visualiser chaque segment de son corps en y apportant de la lumière par la respiration.

Les émotions possèdent un impact biologique foudroyant. Une colère ou une peur intense peut modifier les souches bactériennes de notre intestin en moins d’une heure. Pour nettoyer l’esprit, le Dr Yann Rougier conseille la technique de la machine à laver les émotions.

Chaque soir, il s’agit de revoir le film de sa journée à l’envers. Face à un conflit, on applique l’analyse de la position 69. Ce qui est un chiffre six pour nous est un chiffre neuf pour notre interlocuteur. Visualiser la scène sous ces deux angles permet au cerveau de ne pas enkyster la contrariété dans l’inconscient.

Pour les traumatismes plus profonds, le travail d’écriture symbolique s’avère d’une efficacité redoutable. Le fait de coucher sa souffrance par écrit, de la résumer en quelques pages puis de la transformer en poésie permet de déplacer l’événement de la zone analytique du cerveau vers le cœur. L’émotion est ainsi métabolisée et libère l’énergie vitale du patient.

En conclusion, la plus grande source de santé réside dans la congruence, c’est-à-dire l’alignement parfait entre ce que nous pensons et ce que nous sommes. Se rapprocher de sa vérité intérieure et adopter ces petits rituels permet d’embarquer notre système immunitaire vers une pleine santé durable.