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Ce docu n'a pas de note Le 4 avril 1968, Martin Luther King est abattu devant sa chambre de motel, à Memphis, où il était venu soutenir une grève des éboueurs Noirs. Une vertigineuse plongée dans les archives d’un moment charnière de l’histoire des États-Unis. En février 1968, une grève des éboueurs éclate à Memphis, Tennessee, après la mort de deux d’entre eux par la faute d’un camion benne défectueux. Les revendications, qui portent sur une hausse de salaire et de meilleures conditions de travail, sont rejetées par le maire de Memphis. C’est dans ce contexte de tension, après douze jours de grève, que Martin Luther King arrive en ville pour manifester aux côtés des éboueurs, pour la plupart des Noirs, moins bien payés que leurs collègues Blancs. Le 28 mars 1968, il prend la tête d’une manifestation de cinq à huit mille marcheurs qui convergent vers la mairie. Dans les jours suivants, face à la situation qui dégénère en émeutes, le gouverneur instaure un couvre-feu et fait intervenir la garde nationale. Dans un discours, Martin Luther King réaffirme que son organisation non-violente n’a rien à voir avec les émeutes et les pillages, avant de s’envoler pour Atlanta. Le 3 avril 1968, de retour à Memphis, le pasteur militant s’exprime en public. Personne ne se doute qu’il s’agit là de sa dernière apparition. Le lendemain, dans la soirée, alors qu’il regagne son motel et s’apprête à entrer dans sa chambre, il est abattu par un tireur isolé qui parvient à prendre la fuite. Alors que des émeutes éclatent dans tout le pays, Coretta, sa veuve, prend la tête d’une marche silencieuse de plusieurs dizaines de milliers de personnes… Images brutes Pas de narrateur ; pas d’interviews contemporaines. Ce documentaire retrace simplement et efficacement les événements dramatiques du printemps 1968 tels que capturés par les télévisions et les reporters radio de l’époque. À tel point que le spectateur vit le drame qui se noue avec une saisissante impression de direct. Rarissimes, jamais revisités, ces images et ces sons offrent une passionnante fenêtre sur un moment charnière dans l’histoire de la lutte des Noirs pour l’obtention des mêmes droits que ceux des Blancs. Ils rappellent aussi le prix qu’il aura fallu payer à travers le destin brisé de celui qui demeure l’une des grandes figures du mouvement pour les droits civiques. À l’instar du pasteur Jesse Jackson, candidat malheureux des primaires du parti démocrate pour l’élection présidentielle de 1984, et qui, dans le documentaire, vient saisir le relais invisible que lui tend son défunt ami.