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Enquête sur le système carcéral japonais et ses règles particulièrement strictes, et rencontre avec un ancien détenu. Fin 2018, la détention de Carlos Ghosn a fait connaître au grand public les conditions de vie dans les prisons nippones. Sont-elles l’enfer que décrit son épouse ? A Tokyo, les journalistes ont rencontré Isanori, un ancien détenu aujourd’hui libre de parler. Il le fait de façon anonyme, car peu de gens au Japon osent critiquer le système carcéral. Pour avoir monté une arnaque, Isanori a découvert à 23 ans un univers où la moindre action est réglementée, minute par minute : manger, boire, aller aux toilettes, dans quelle position dormir, regarder par la fenêtre… Même s’essuyer le visage avec une serviette l’été nécessite une permission spéciale. Lors des déplacements en groupe, les gardes imposent une façon de marcher militaire : bras tendu, main à hauteur d’épaule – même les doigts ne doivent pas être pliés. « Ils veulent que votre corps lui-même ait appris les règles, pense Isanori. Si vous n’êtes pas capable de suivre des règles aussi simples, ça veut dire que vous n’êtes pas prêt à réintégrer la société. » Une société japonaise très codifiée, où les valeurs du groupe priment sur la liberté de chacun.

Un documentaire de Constantin Simon.