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C’est la plus grande catastrophe civile du XXème siècle sur le territoire français. En décembre 1959, le barrage de Malpasset cède sous la pression des eaux et le tsunami qui déferle sur Fréjus cause la mort de 423 personnes et des dégâts matériels colossaux. L’émotion est intense. Le Président De Gaulle et son Premier Ministre Michel Debré viennent témoigner leur soutien aux victimes sur les lieux du drame. Cinq ans plus tard, le procès ne désigne pas de coupable et la rupture du barrage continuera d’alimenter les fantasmes pendant des décennies. Pourtant la cause en est vite établie : c’est la fragilité des appuis rocheux qui est en cause, fragilité indétectable avec les techniques de l’époque. A la suite de la catastrophe, on a adopté toute une série de mesures préventives et Malpasset a permis d’éviter que d’autres drames ne se produisent ailleurs. Car à l’époque, au milieu des 30 glorieuses, pas question d’arrêter la construction des grands barrages : l’hydroélectricité est au centre de la politique énergétique de la France. Les 300 grands ouvrages présents sur le territoire sont les témoins d’un âge d’or, avant l’arrivée du nucléaire. Aujourd’hui, Malpasset reste bien présent dans l’inconscient collectif des constructeurs et des pouvoirs publics… Un documentaire de Nicolas Frank.