Entre fantasmes sécuritaires et projets de démolition, les quartiers populaires saturent le débat politique à l’approche de la présidentielle. Longtemps réduits à des aberrations urbaines par les discours médiatiques, ces grands ensembles furent pourtant les laboratoires d’une modernité triomphante et d’une architecture expérimentale visant à loger dignement une France en crise. Aujourd’hui, face à l’urgence climatique et sociale, le dogme du bulldozer vacille au profit d’une réhabilitation nécessaire, rappelant que derrière le béton, c’est avant tout la stigmatisation des habitants qui fait le ghetto.