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Ce docu n'a pas de note Elle est la première femme suisse à la tête de l’institution la plus machiste qu’on puisse imaginer, l’armée et le Département de la défense. Démocrate-chrétienne, ancienne maire de Brigue, Viola Amherd est une femme discrète, pragmatique, qui revendique sa simplicité. Elle est, en somme, l’incarnation du ministre helvétique, proche du peuple et du terroir. Pourquoi vous proposer ce portrait filmé d’une femme qui pourrait être votre voisine de palier, qui aime faire la confiture d’abricot et descendre à ski les pistes de Bettmeralp ? Parce que, disons-le, nous avons été séduits par Viola, cette femme totalement mystérieuse sur sa vie privée, qui sous des airs de montagnarde austère dissimule une capacité d’empathie sincère, toute en émotion, rentrée et pudique. Pudique et secrète, certes, mais cela ne l’a pas empêchée d’accepter un exercice rare : elle a autorisé le journaliste Christoph Frantzen, un homme, originaire du Haut Valais, comme elle, à la filmer durant deux ans, depuis son élection au Conseil fédéral. Au-delà de l’exercice de communication un peu convenu, vous allez découvrir une femme dans un monde d’hommes, qui a accepté bravement ce Département de la Défense et des sports, que l’on donne au petit dernier arrivé. Sous ses airs de mère Helvetia rassurante et protectrice, un terme auquel elle tient, Viola Amherd dissimule l’étoffe d’une cheffe d’Etat dont la force de conviction et d’exemplarité touche manifestement le cœur des Suisses, qui se reconnaissent en elle. Même ses adversaires reconnaissent que c’est elle, toute seule, qui a gagné la votation sur les avions de combat. Précisons encore que ce film, tourné je vous le rappelle par un de nos collègues suisses-alémaniques, a fait l’objet de quelques critiques. Ces critiques viennent le plus souvent de l’UDC, qui a tenu le Département de la défense pendant 23 ans. Il reste qu’en ce début 2021 Viola Amherd a quelques dossiers chauds à traiter. Des masques de protection défaillants commandés par l’armée contre le COVID, livrés entre autres aux HUG de Genève, ont dû être détruits et ont coûté des millions. La dernière génération de drones, pour une valeur de 250 millions, ne sont toujours pas livrés. Et le démarrage de l’école de recrue en ligne a été un véritable désastre, sans parler du scandale Crypto, qui a révélé que la CIA a espionné la planète entière grâce à des machines suisses, avec la connaissance et l’accord de la Suisse. Bref, en état de grâce, c’est peut-être maintenant que commence vraiment le temps des épreuves pour Viola Amherd. Un documentaire de Christoph Franzen.