Ce documentaire captivant nous plonge au cœur des fouilles archéologiques menées à Saqqara, l’une des nécropoles les plus fascinantes de l’Égypte antique. À travers le travail minutieux d’une équipe de chercheurs, le film dévoile des sépultures restées inviolées depuis des millénaires. Entre la découverte de sarcophages de bois magnifiquement préservés et l’exploration de puits funéraires profonds, les scientifiques reconstituent l’histoire de personnages influents.

Ces découvertes majeures permettent de mieux comprendre l’évolution des rites funéraires et l’organisation sociale de cette civilisation légendaire.

Ce qu’il faut retenir

Le site de Saqqara révèle une superposition fascinante d’époques architecturales et funéraires.

Les puits profonds de plus de quatre mille ans côtoient ainsi des sarcophages de bois datant du quatrième siècle avant notre ère et des accumulations de momies de l’époque tardive.

Les tombes épargnées par les pilleurs de l’antiquité constituent des découvertes exceptionnelles pour la science.

Elles fournissent des ensembles funéraires complets et intacts.

Ces objets permettent d’analyser avec précision le mobilier d’origine et de comprendre les techniques d’embaumement.

Le complexe funéraire est historiquement lié à des figures majeures de l’ancien empire.

C’est le cas du médecin et magicien Akhethotep, dont la chapelle est conservée au musée du Louvre.

Le site est dominé par la célèbre pyramide à degrés du roi Djéser.

Ce monument marque le tout premier jalon de l’architecture monumentale en pierre de l’histoire humaine.

Des sarcophages intacts sous un amoncellement de momies

Les pilleurs de tombes ont ravagé de nombreuses sépultures dès l’antiquité.

Ces voleurs recherchaient principalement les bijoux précieux dissimulés sous les bandelettes.

Leurs interventions destructrices expliquent l’état disloqué dans lequel les archéologues retrouvent de nombreuses momies.

Pourtant, cette accumulation superficielle a parfois joué un rôle protecteur inattendu.

Dans les couches les plus basses de la fosse, plusieurs inhumations sont restées totalement à l’abri des spoliateurs.

En dégageant le sable, les scientifiques mettent au jour de superbes sarcophages en bois.

L’un d’eux présente un visage sculpté qui émerge doucement des sédiments.

Les traces de dorure sur les traits du défunt témoignent du raffinement de cet artisanat de l’époque tardive.

Face à une telle accumulation de restes humains, la tentation de presser les fouilles est grande.

Les chercheurs s’imposent pourtant un traitement scientifique rigoureux de chaque strate.

Cet amoncellement constitue en lui-même un événement funéraire majeur.

Il raconte l’histoire des derniers instants de l’Égypte antique.

Les inscriptions révèlent que les sarcophages en bois sont plus anciens que les momies qui les recouvrent.

Ils remontent au quatrième siècle avant Jésus-Christ.

Le puits vertical qui mène à cette chambre est encore plus vénérable.

Il a été creusé il y a plus de quatre mille ans, durant l’ancien empire.

Ce conduit appartient à un vaste complexe funéraire composé de mastabas.

Ces grands bâtiments rectangulaires en brique ou en pierre abritent les sépultures.

Une petite ruelle sépare les édifices et dessert plusieurs chapelles funéraires.

C’est ici que les vivants venaient autrefois déposer des offrandes pour nourrir l’âme des défunts.

Le trésor d’Akhethotep et les secrets des magasins de Saqqara

L’équipe archéologique a choisi de fouiller ce secteur précis pour une raison bien particulière.

L’objectif était d’explorer l’environnement d’une chapelle funéraire célèbre.

Ce monument a été démonté au début du vingtième siècle pour être transporté à Paris.

Il s’agit de la chapelle d’Akhethotep, un haut fonctionnaire qui cumulait les fonctions de médecin et de magicien.

Les vestiges de son trésor sont aujourd’hui préservés dans les réserves ultrasécurisées du site de Saqqara.

Ces immenses hangars modernes abritent plus de vingt mille pièces archéologiques d’une valeur inestimable.

Parmi ces merveilles figure une statue unique de l’ancien empire portant l’emblème de la déesse Bat.

Les traits humains sculptés de face et les oreilles de vache stylisées caractérisent cet insigne rare.

Il s’agissait de la marque distinctive des juges et des vizirs de l’ancienne Égypte.

Les hiéroglyphes gravés sur la pierre confirment l’identité du propriétaire.

Les inscriptions énumèrent ses titres prestigieux : l’ami unique du roi, le prêtre ritualiste ou encore le préposé au secret de la maison du matin.

Ces fonctions soulignent sa proximité exceptionnelle avec le souverain.

Les caisses voisines regorgent de chefs-d’œuvre découverts par les missions internationales.

Les scientifiques y étudient des amulettes représentant l’œil Oudjat et l’oiseau Ba.

Ces divinités protectrices accompagnaient les défunts dans l’au-delà.

Un coffret funéraire en bois peint illustre la célèbre légende d’Osiris.

Ce mythe fondateur met en scène les déesses Isis et Nephtys rassemblant les morceaux du corps d’Osiris pour créer la toute première momie.

Chaque Égyptien espérait ainsi s’identifier à ce dieu pour triompher de la mort et accéder à l’éternité.

Un hôpital de campagne pour les masques funéraires

Sur le chantier de fouille, l’activité s’intensifie autour de la tombe au sarcophage doré.

Les ouvriers installent une longue échelle pour descendre dans le puits.

Le dégagement des deux sarcophages enfouis sous les corps s’annonce complexe.

Les archéologues doivent s’équiper de gants en caoutchouc et de masques antipoussière.

L’ouverture de la tombe réactive des champignons nocifs à cause de l’intrusion soudaine d’oxygène et d’humidité.

Dans cet espace confiné de quinze mètres carrés, la température frôle les trente degrés.

Les efforts des fouilleurs sont vite récompensés par des découvertes remarquables.

L’équipe extrait de magnifiques masques funéraires en cartonnage.

Ces éléments faits de toile de lin enduite de plâtre s’emboîtaient directement sur la tête de la momie.

Ils épousaient parfaitement le haut du corps pour protéger le visage du défunt.

Des répliques de colliers peints apparaissent également sur la poitrine des momies.

Les restaurateurs appliquent un liquide consolidant pour fixer les pigments naturels.

Ces ornements reflétaient le statut social de l’individu : les plus riches s’offraient des pierres dures, la classe moyenne privilégiait la pâte de verre, tandis que les plus humbles se contentaient de représentations peintes.

Les archéologues installent un véritable laboratoire de fortune au fond de la cavité.

Ils utilisent du papier humide et des journaux pour redonner leur forme d’origine aux visages déformés par le temps.

Ce travail minutieux permet de stabiliser les structures en vue de leur extraction future.

L’émotion d’une galerie souterraine inviolée

Les ouvriers spécialisés ouvrent un second puits repéré lors de la campagne précédente.

Ce conduit vertical est entièrement rempli de sable fin pour des raisons de sécurité.

Des spécialistes du creusement unissent leurs forces pour vider le puits et dégager l’accès.

Une fois la voie ouverte, une solide grille de fer est posée afin de sécuriser l’entrée contre les pillages modernes.

Le lendemain, les archéologues s’introduisent enfin dans le caveau secret.

Après avoir franchi une ouverture particulièrement étroite, ils descendent à sept mètres de profondeur.

Les chercheurs pénètrent dans une galerie souterraine de onze mètres de long creusée dans la roche.

Le spectacle est saisissant : la tombe est restée totalement intacte.

Au fond de la galerie, un immense sarcophage en bois retient un amoncellement de corps.

Le visage sculpté sur le couvercle surprend par sa douceur et la finesse de sa perruque bien peignée.

Les motifs traditionnels représentant les fils d’Horus et les déesses protectrices complètent l’iconographie.

Au sol reposent les nattes de transport en fibres végétales, encore enroulées et ficelées.

Des poteries contenant les produits d’embaumement entourent les corps.

Les scientifiques mesurent la portée de leur geste.

Ils s’apprêtent à interrompre une éternité que ces hommes et ces femmes croyaient garantie pour des millions d’années.

La cohabitation entre la joie de la découverte scientifique et le respect dû à ces restes humains suscite une vive émotion chez les explorateurs.

Si la galerie elle-même remonte à l’ancien empire, les momies et leurs coffres ont été déposés il y a environ deux mille cinq cents ans.

Aux sources de l’Égypte : la pyramide à degrés de Djéser

Le voyage à travers le temps se prolonge en direction du monument le plus prestigieux de la nécropole.

La célèbre pyramide à degrés du roi Djéser domine le paysage de Saqqara.

Construit environ deux mille six cents ans avant notre ère, cet édifice monumental est entouré d’une enceinte en calcaire haute de huit mètres.

Ce chef-d’œuvre a été conçu par le mythique architecte Imhotep pour le premier grand pharaon de l’ancien empire.

L’écriture égyptienne ne transcrivant pas les voyelles, la prononciation exacte du nom du souverain reste incertaine entre Djéser et Zoser.

L’histoire de ce monument commence par une simple structure plate.

Le point de départ est un mastaba traditionnel de huit mètres de hauteur visible au pied de la pyramide actuelle.

L’architecte a rapidement jugé cette sépulture insuffisante pour incarner la puissance éternelle du pharaon.

Imhotep a alors eu l’idée révolutionnaire de superposer plusieurs structures.

Il a d’abord conçu une pyramide à quatre degrés, avant d’agrandir le projet pour aboutir au monument final.

L’édifice s’élève désormais sur six gradins successifs pour atteindre une soixante de mètres de hauteur.

Cette forme audacieuse symbolisait un escalier divin gigantesque.

Il offrait au souverain défunt une voie monumentale pour s’élever vers le ciel et rejoindre le monde éternel du soleil.