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En 2006, Jacques Maire, maçon dans la région de Dombasle-sur-Meurthe, est jugé pour l’enlèvement et le meurtre de Nelly Haderer ainsi que pour l’enlèvement et la séquestration d’Odile Busset. Il est reconnu coupable et condamné en appel à 20 ans de réclusion criminelle. Mais en septembre 2007, coup de théâtre : la décision de la cour d’appel est annulée pour vice de procédure: une trentaine de pages du procès-verbal des débats n’ayant pas été signées, la Cour de cassation annule le jugement ! Jacques Maire se retrouve donc devant la cour d’assises pour un troisième procès, à Metz, en octobre 2008. Et il est acquitté. Libre, l’ancien condamné touchera 200.000 euros pour détention injustifiée et reprendra le cours de sa vie auprès de son épouse. Pour la famille de Nelly Haderer, l’incompréhension est totale mais cela n’entache pas leur détermination à connaître un jour la vérité. En 2009, la famille obtient que l’information judiciaire soit rouverte pour pouvoir procéder à des analyses génétiques –ce qui n’avait pas été possible au moment du drame du fait que la médecine légale n’était pas encore en capacité de le faire. En 2011, une expertise met en évidence un ADN masculin sur le pantalon de la victime. En janvier 2014, une information fuite: l’ADN en question est celui de Jacques Maire. Seulement voilà, non seulement cela ne fait pas forcément de lui le coupable, mais surtout, l’homme a été définitivement acquitté et ne peut donc plus être inquiété par la justice dans cette affaire. En septembre 2017, un juge d’instruction décide de la fermeture du dossier. Jacques Maire ayant été acquitté, il est vain de poursuivre l’enquête le concernant puisqu’il ne pourrait jamais être repris ou accusé pour ces faits, ni a fortiori condamné. Mais en décembre dernier, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Nancy est revenue sur cette décision, demandant un supplément d’information. Ainsi, il était prévu que Jacques Maire soit à nouveau entendu, en qualité de témoin cette fois-ci. L’audition n’aura jamais lieu. Jacques Maire, dont le cœur était fragile, est décédé d’un infarctus, dans la nuit du 20 au 21 janvier 2018.