Devenue possession fétiche des stars et emblème du glamour, la Ferrari relève du mythe. Mais qui était Enzo Ferrari (1898-1988), l’homme derrière les lunettes noires ? Portrait sensible émaillé d’archives inédites exceptionnelles.

Né en Émilie Romagne à Modène, en 1898, d’un père fabricant de poutrelles métalliques, Enzo Ferrari développe dès l’enfance, en même temps que son frère aîné Dino, une passion pour l’automobile, dont le berceau se situe dans le nord de l’Italie. En 1916, le jeune homme perd son frère et son père, tous deux victimes de maladies durant la Première Guerre mondiale. Accablé par ce double deuil, Enzo, lui-même rescapé de justesse de la grippe espagnole en 1918, quitte sa ville natale pour Bologne où, employé dans un garage, il débute aussi une carrière de pilote. S’il comprend vite qu’il n’a pas l’étoffe d’un champion, il se découvre une vocation d’entrepreneur. En 1929, il fonde, à Modène, l’écurie au célèbre cheval cabré, en association avec Alfa Romeo, dont il gère la flotte de voitures de course. Doté d’un flair sans pareil, il recrute le jeune Tazio Nuvolari, qui s’imposera comme l’un des plus grands pilotes de tous les temps. En 1943, libéré de son accord avec Alfa Romeo, il inaugure sa propre usine à Maranello, dans sa région natale, la baptise de son nom et convertit les paysans locaux en ouvriers automobiles. En 1950, à plus de 50 ans, il lance sa première création, la Ferrari 125. Une légende est née&;

Mécanique vivante
« Une mécanique vivante, une harmonie de sons ». C’est ainsi que Le Commandeur, son surnom, définissait les bolides qui sortaient de ses usines. À partir de 1951, l’écurie Ferrari domine aussi les courses et remporte onze grands prix de Formule 1. De leur côté, les clients prestigieux tels Herbert Von Karajan ou le couple Rossellini-Bergman acquièrent à prix d’or d’élégants modèles de tourisme à la carrosserie rouge flamboyante, connue sous le nom de Rosso Corsa. Mais si l’homme, qui s’éteint en 1988, à l’âge de 90 ans, a connu le succès, il a aussi été marqué par de multiples tragédies, dont la mort de son fils Dino, à l’âge de 24 ans, et celle des pilotes de son écurie fauchés lors d’essais ou en course, comme Gilles Villeneuve, victime d’une collision pendant les essais du Grand Prix de Zolder, en Belgique, en 1982. À partir d’entretiens avec Enzo Ferrari ainsi qu’avec ses proches, et d’archives d’époque inédites, le célèbre Italien se raconte, en revenant sur son extraordinaire carrière.

Documentaire d’Enrico Cerasuolo disponible jusqu’au 10/01/2023.