C’est un petit bout de terre de 8.600 km2 ourlé par les rives de la Mer Noire, niché au pied de la chaîne du Caucase, ancienne région séparatiste de Géorgie au début des années 90 proche de la Russie voisine.

Toujours revendiquée par la Géorgie, l’Abkhazie est officiellement une république indépendante auto-proclamée, isolée sur le plan diplomatique, reconnue avant tout par la Russie. Depuis plus de trente ans, ce territoire est sous tutelle militaire et économique russe, tout comme l’Ossétie du Nord un peu plus à l’Est, également revendiquée par la Géorgie.
En envahissant l’Ukraine, la Russie de Poutine a démontré sa soif d’hégémonie par les armes… Aussi, ces confettis d’empire russe vont-ils être intégrés de force dans la Fédération de Russie? Ou au contraire, profitant de l’affaiblissement et du retrait russe en Ukraine, la Géorgie tenterait-elle de reconquérir ce territoire convoité et réveiller un conflit « gelé » en apparence ?
S’il semblait évident que le souhait de la majorité des 240 000 habitants d’Abkhazie était de se rattacher à la Russie, la réalité s’avère bien plus complexe. Sans pouvoir se permettre de cultiver un sentiment anti-russe en critiquant ouvertement le Kremlin, pourvoyeur d’une grande partie du budget du gouvernement abkhaze, des voix s’élèvent aujourd’hui pour affirmer l’indépendance du pays vis-à-vis de la Géorgie, tout comme de la Russie.
Les Abkhazes craignent, entre autres, que les investisseurs russes ne viennent bétonner la côte et détruire un environnement exceptionnel. Si le territoire était plus facilement accessible, sans l’aval de la Russie, l’Abkhazie serait un paradis pour les amateurs d’exploration urbaine de lieux abandonnés&;