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A Ouagadougou, le grouillement d’une fourmilière humaine offre un spectacle unique au monde. Au fond d’une carrière, 2 000 personnes pulvérisent la plus dure des pierres, le granit, pour seulement quelques euros par jour. La poussière, la chaleur et l’odeur des pneus brûlés sont leur quotidien. A quelques kilomètres du centre de la capitale du Burkina Faso, des centaines de familles travaillent sans répit dans un immense trou béant. Chaque jour, du lever au coucher du soleil, 2 000 forçats triment au cœur d’une carrière de granit, une pierre connue pour sa dureté. Les hommes extraient, à mains nues, de gros blocs de roche, puis les femmes, les vieillards et les enfants réduisent à leur tour, à coups de burin, la matière en cailloux. Tout se vend, même la poussière. Pourtant, dans ce lieu de souffrance, la gaieté domine la plainte et les rires l’emportent sur les pleurs. Ce chaudron minéral est rempli de solidarité et d’humanité. Autogérée par les chefs des familles qui sont venues travailler ici de leur plein gré, cette carrière appartient à tous et à personne. Une règle simple prédomine : le granit revient à celui qui le découvre. Inoussa est une de ces bêtes de somme. Après quinze ans de dur labeur à « taper » des pierres pour d’autres, il rêve d’une nouvelle vie au volant d’un camion. Pour atteindre son but, il a une idée : déplacer une montagne de remblais afin de dégager sa propre parcelle. Pour nombre de carriers, cette entreprise est vouée à l’échec. Inoussa aura-t-il le courage de ses ambitions ?