À une époque où le voyage se mesure souvent en kilomètres parcourus, en itinéraires optimisés et en listes de lieux à cocher, certains choisissent encore de ralentir, de préférer les chemins de traverse aux lignes droites, les détours aux raccourcis et le temps long à l’urgence d’arriver.

Pour l’autrice Clara Arnaud, voyager, c’est d’abord marcher pendant des semaines, parfois des mois. Marcher pour laisser le temps filer sous ses pas, contempler le paysage changer d’heure en heure et laisser le territoire se révéler à la vitesse du corps. Marcher parfois seule, mais le plus souvent guidée par la présence d’un partenaire irremplaçable : un cheval. À ses côtés, elle apprend une autre manière de parcourir le monde, plus lente et plus attentive, au rythme des sabots, au fil de longues traversées au Kirghizistan puis dans les vastes plaines de Chine.

Au printemps 2016, Clara cherche une nouvelle ligne d’horizon. Alors qu’elle laisse ses doigts déambuler sur les cartes, son regard se pose sur le Caucase. Une immense chaîne de montagnes dressée entre les mers Noire et Caspienne, qui déploie ses sommets à travers l’Arménie et la Géorgie. Un territoire qu’elle connaît peu, sinon à travers quelques fragments qui nourrissent son imaginaire : des steppes balayées par le vent, des villages accrochés aux pentes et une hospitalité légendaire où paraît-il, l’étranger devient souvent un invité.

En avril, elle pose le pied à Erevan, la capitale arménienne, avec dans son sac, une carte, une boussole et un carnet. Devant elle, des centaines de kilomètres à parcourir l’attendent, mais avant de prendre la route, une première quête demeure : trouver le cheval qui partagera cette nouvelle errance.