Dans cet épisode du podcast Métamorphose, Marion Duchenne accueille Sarah Serievic, ancienne comédienne devenue psychothérapeute et autrice. À l’occasion de la parution de son ouvrage Quand l’amour rend possible l’impossible, elle livre un témoignage émouvant sur son parcours de vie. De sa naissance grand prématuré à ses années passées sur les planches de théâtre, elle explique comment elle a réussi à transformer ses blessures d’enfance et l’absence de son père en une quête spirituelle et humaine.

À travers la création du « Théâtre de l’Authentique », elle guide aujourd’hui les personnes désireuses de déposer leurs masques sociaux pour retrouver leur vérité profonde et renouer avec la puissance de la conscience.

Ce qu’il faut retenir

Sarah Serievic a vécu une transition majeure en quittant le monde du spectacle pour devenir une accompagnante du vivant. Elle a troqué les rôles de théâtre classique contre l’exploration de la vérité intérieure.

Le Théâtre de l’Authentique utilise le psychodrame et la mise en scène des émotions pour aider chacun à se libérer de ses croyances limitantes. Cette méthode permet de reconnecter la personne à sa dimension la plus pure et la plus vaste.

La métamorphose n’est pas un état figé mais un cheminement quotidien fait d’illusions, de doutes et de renaissances. Pour Sarah Serievic, aimer et s’aimer consiste d’abord à accepter toutes les facettes de son être sans rien rejeter.

De la scène de théâtre au théâtre de l’authentique

La vie de Sarah Serievic débute par un combat. Née très grands prématurés, elle passe de longs mois en couveuse. Cet événement fondateur insuffle en elle une force vitale qui ne la quittera plus. Durant son enfance, elle grandit aux côtés d’une mère blessée et souffre de l’absence physique de son père. Elle garde pourtant la certitude intime que ce dernier l’aime à sa manière.

Devenue comédienne à succès, elle joue sur les plus grandes scènes parisiennes. Cependant, une fois le rideau tombé, elle ressent un vide immense. Le contraste entre les applaudissements du public et la solitude de son foyer devient insupportable. Elle entreprend alors une longue analyse pour réapprendre à habiter sa propre existence. Sa rencontre avec Gitta Mallasz, l’autrice de Dialogues avec l’ange, marque un tournant décisif. Cette dernière l’incite vivement à quitter les rôles de composition pour créer son propre espace de transmission.

Formée au psychodrame par Anne Ancelin Schützenberger, elle façonne une approche thérapeutique originale. Elle mêle la puissance du jeu théâtral à une profonde quête de spiritualité. C’est ainsi que naît le Théâtre de l’Authentique.

Faire tomber les masques et reconnecter avec l’amour

Dans ses ateliers, Sarah Serievic reçoit des femmes et des hommes emprisonnés dans des rôles rigides. Beaucoup souffrent de diktats sociaux, de peurs inconscientes ou du besoin d’atteindre une perfection illusoire. Grâce aux mises en scène corporelles et aux sculptures d’émotions, les participants extériorisent leurs conflits intérieurs.

Elle illustre cette démarche à travers l’exemple d’une mère de famille en rupture avec sa fille. En donnant corps à sa sensibilité et à sa générosité sur scène, cette femme parvient à transformer la relation bloquée. Dès le lendemain, la communication reprend spontanément entre la mère et la fille. Pour l’intervenante, ce type d’événement démontre que la reconnexion au cœur permet de dépasser les blocages les plus tenaces.

Elle souligne toutefois la nécessité absolue du libre arbitre. La guérison exige d’abandonner l’illusion du contrôle. Il s’agit d’accepter d’entrer dans sa propre intériorité sans fard ni faux-semblants.

Réconcilier l’ombre et la lumière en soi

Sarah Serievic rappelle avec insistance que la vie reste par nature impermanente. Chercher la stabilité absolue ou vouloir vivre sans jamais souffrir relève d’un regard infantile sur l’existence. La maturité spirituelle consiste à accepter l’ombre tout comme la lumière, à l’image du symbole du yin et du yang.

La colère, les doutes et la tristesse font pleinement partie de la condition humaine. Elle confie avoir elle-même traversé de vives colères et des moments de désespérance. Plutôt que de nier ces émotions difficiles, elle a appris à les embrasser pour les transcender. Sa véritable douceur est née de l’intégration de sa propre violence.

S’aimer exige d’endosser la responsabilité de sa vie. La conscience offre la possibilité de choisir entre maudire ou bénir ce qui advient. Chaque obstacle devient ainsi une occasion de grandir et d’élargir sa vision de soi-même.

Une spiritualité incarnée au quotidien

L’invitée évite les dogmes stricts et les consignes rigides. Sa spiritualité se traduit par des actes simples comme la méditation ou la prière du cœur. Pour elle, prier signifie demander la force de servir le vivant et d’exprimer ce qui dépasse l’amour purement individuel.

Elle évoque également la tradition d’une tribu namibienne, les Himbas. Dans cette communauté, chaque enfant possède son propre chant de l’âme, inventé par la mère avant la naissance. Ce chant accompagne la personne à chaque étape cruciale de sa vie. En cas de faute ou de transgression, la tribu se rassemble pour lui chanter cet air afin de lui rappeler sa beauté essentielle. Interrogée sur son propre chant intérieur, Sarah Serievic cite la posture d’écoute véritable, qui commence d’abord par soi-même.

En fin d’émission, elle dévoile l’objet symbolisant sa transformation. Il s’agit d’un bulletin que Gitta Mallasz lui avait dédicacé en la qualifiant d’« ouvreuse des anges ». Ce document précieux garde la trace de son engagement total au service de la vérité et de l’éveil des consciences.