Le documentaire retrace le rôle décisif joué par les forces françaises libres sous la conduite des généraux Philippe Leclerc de Hauteclocque et Jean de Lattre de Tassigny dans la libération de la France et la défaite du IIIe Reich.

De la Normandie à la Provence, jusqu’à la prise du nid d’aigle d’Hitler à Berchtesgaden et les capitulations de Berlin et Singapour, le film croise les trajectoires stratégiques de deux armées emblématiques. Il donne la parole aux derniers vétérans, ambulancières et résistants, offrant un éclairage poignant sur la réalité du terrain et le rétablissement de la France dans le camp des vainqueurs.

Ce qu’il faut retenir

La libération du territoire national repose sur une double offensive militaire orchestrée d’une part au nord par la 2e division blindée de Leclerc et d’autre part au sud par la Première Armée de de Lattre.
La participation active de la résistance intérieure et des combattants anonymes a permis de hâter la libération des grandes métropoles comme Paris, Marseille et Lyon tout en épaulant la logistique alliée.
L’action combinée de ces forces a offert à la France une légitimité diplomatique cruciale, concrétisée par sa présence officielle lors des signatures de capitulation de l’Allemagne à Berlin et du Japon à Singapour.

Le débarquement en Normandie et l’élan de la 2e DB

Stationnés dans le Yorkshire au nord de l’Angleterre, les hommes de la 2e division blindée rongent leur frein au printemps 1944. Ils s’entraînent quotidiennement au maniement des armes et du matériel lourd. La frustration cède la place à une immense émotion lorsque l’ordre d’embarquement vers la France est enfin donné.

Le 1er août 1944, le général Leclerc débarque sur la plage du Utah Beach à la tête de 15 000 hommes et plus de 4 000 véhicules. La mission confiée par le haut commandement américain consiste à appuyer l’avancée du 15e corps des États-Unis. La progression dans le Cotentin puis vers Le Mans révèle un paysage d’une désolation extrême, marqué par la puanteur des ruines et l’anéantissement des populations locales.

Rattachées à la division, les infirmières et ambulancières du groupe Rochambeau apportent un soutien médical précieux. Ces volontaires féminines bravent les pires dangers sur le front pour secourir rapidement les blessés et les évacuer sous le feu ennemi.

La bataille d’Alençon et le piège de la forêt d’Écouves

Au début du mois d’août, la division entame sa remontée vers le nord. La progression à travers le bocage normand s’avère particulièrement périlleuse en raison des embuscades allemandes. Malgré des pertes humaines et matérielles sensibles, la ville d’Alençon est libérée le 12 août sans destruction majeure.

Le chef de la 2e DB fait alors face à une redoutable concentration de panzers camouflés dans le massif forestier d’Écouves. L’affrontement au cœur des bois constitue un véritable défi tactique pour les véhicules blindés. Leclerc décide de contourner le dispositif ennemi pour le prendre à revers.

Cette manœuvre stratégique couronne de succès la jonction avec les forces canadiennes. Elle débouche sur l’encerclement de la division allemande et la capture de milliers de prisonniers.

L’opération Anvil-Dragoon et l’assaut en Provence

Au même moment en Méditerranée, la plus grande armada navale déployée dans la région s’ébranle depuis l’Afrique du Nord et l’Italie. Près de 200 000 soldats s’apprêtent à débarquer sur les côtes provençales entre Saint-Tropez et Saint-Raphaël.

Baptisée Armée B et placée sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny, cette force comprend l’armée d’Afrique et les Français libres. Sa mission prioritaire réside dans la conquête rapide des ports stratégiques de Toulon et Marseille afin d’assurer l’approvisionnement logistique de l’ensemble des armées alliées.

Malgré des fortifications réputées inexpugnables et des garnisons allemandes déterminées à se battre jusqu’au bout, de Lattre ordonne une attaque fulgurante. Toulon est isolée par des manœuvres audacieuses à travers les reliefs environnants, tandis que les premières unités poussent sans attendre vers Marseille.

L’insurrection parisienne et la course vers la capitale

À partir du 18 août 1944, la population parisienne se soulève à l’appel de la résistance et des forces françaises de l’intérieur. Les grèves générales et l’érection de barricades paralysent l’occupant, mais les insurgés souffrent d’un grave manque d’armement lourd face à la réaction nazi.

Leclerc insiste fermement auprès du commandement américain pour obtenir l’autorisation de foncer sur Paris. Bien que la stratégie initiale des Alliés prévoie de contourner la ville pour préserver la logistique, le général Eisenhower cède sous la pression politique du général de Gaulle.

La 2e DB entreprend alors une marche forcée à travers la pluie et la boue. Le 24 août au soir, un détachement mené par le capitaine Dronne parvient jusqu’à l’hôtel de ville pour annoncer l’arrivée imminente du gros des troupes libératrices.

La libération de Paris et la capitulation de von Choltitz

Le 25 août 1944, les blindés français pénètrent dans la capitale par la porte d’Orléans sous les acclamations d’une foule en liesse. L’enthousiasme populaire se mêle immédiatement à la brutalité de combats de rue féroces contre les derniers bastions allemands, notamment autour du Sénat et du Quai d’Orsay.

Les troupes pénètrent au cœur des bâtiments officiels pour obtenir la reddition des états-majors ennemis. Le général von Choltitz signe l’acte de capitulation devant Leclerc à la gare Montparnasse.

Le lendemain, le général de Gaulle descend les Champs-Élysées au milieu de plus d’un million de personnes. Cette journée historique consacre la victoire symbolique d’une France qui s’est libérée elle-même, malgré des tirs isolés de collaborateurs embusqués sur les toits.

La victoire en Provence et la remontée du Rhône

Pendant que les yeux du monde sont rivés sur Paris, les hommes de de Lattre achèvent la libération de Toulon et de Marseille avec un mois d’avance sur les prévisions alliées. Les infrastructures portuaires sont récupérées, bien que marquées par les destructions et les séquelles du sabordage de la flotte en 1942.

La 19e armée allemande s’engage dans une retraite précipitée vers le nord par la vallée du Rhône pour éviter l’encerclement. La poursuite s’organise dans des conditions éprouvantes, ralentie par des pénuries de carburant et la destruction des ponts par l’aviation.

Au début du mois de septembre, Lyon est libérée grâce à l’action conjointe des maquisards et des troupes débarquées au sud. Les effectifs des FFI viennent combler les pertes de l’armée régulière pour poursuivre la traque de l’ennemi vers les Vosges.

La bataille de Dompaire et le serment de Strasbourg

Au mois de septembre, la 2e DB et la Première Armée opèrent leur jonction à Nod-sur-Seine, formant désormais un front allié continu de la mer du Nord à la Suisse. Leclerc progresse vers la Lorraine et libère le camp d’internement de Vittel.

Du 12 au 14 septembre se déroule à Dompaire la plus grande bataille de chars de la campagne de France. Face à une contre-offensive appuyée par des dizaines de panzers neufs, Leclerc combine l’action de ses blindés avec des frappes aériennes chirurgicales. La division allemande est anéantie, laissant près de 70 carcasses de chars sur le terrain.

Après l’assaut tactique de Baccarat, la 2e DB franchit le col du Dabo par des chemins de montagne réputés impraticables. Elle prend les défenses allemandes au dépourvu et libère Strasbourg le 23 novembre 1944, accomplissant ainsi le célèbre serment de Koufra.

L’enfer de la poche de Colmar

L’hiver 1944-1945 s’avère particulièrement rigoureux dans l’Est de la France. Les troupes affrontent des températures négatives extrêmes, la neige et des équipements en cuir inadaptés qui provoquent de nombreuses gelures.

Tandis que les Allemands se cramponnent désespérément à la poche de Colmar, de vives tensions méthodologiques émergent entre le général Leclerc et le général de Lattre. Le premier préconise des attaques concentrées de masse, là où le second utilise les blindés en appui d’infanterie traditionnelle.

Les affrontements au milieu des villages piégés et des champs de mines antipersonnel atteignent une violence inouïe. La poche est finalement réduite le 2 février 1945, scellant la libération totale du territoire alsacien.

L’invasion du Reich et le nid d’aigle d’Hitler

À la fin du mois de mars 1945, les armées françaises franchissent le Rhin et pénètrent sur le sol allemand. Les soldats découvrent un paysage de ruines fumantes dévasté par les bombardements, ainsi qu’une population civile composée essentiellement de vieillards et de femmes épuisés.

En poussant à la suite des forces américaines, des éléments français assistent à la découverte de l’horreur absolue lors de la libération du camp de concentration de Dachau. La vision des corps empilés et la détresse des survivants traumatise à jamais les libérateurs.

Le 4 mai 1945, les hommes de Leclerc s’emparent de Berchtesgaden et hissent le drapeau tricolore sur le nid d’aigle d’Hitler dans les Alpes bavaroises. La prise du Berghof dévasté constitue le point final le plus symbolique de cette épopée militaire.

La capitulation finale et la reconnaissance internationale

Le 8 mai 1945 à Berlin, le général Jean de Lattre de Tassigny représente la France lors de la signature de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie aux côtés des autres nations alliées.

Quelques mois plus tard, le 12 septembre 1945 à Singapour, le général Leclerc signe au nom de la République française l’acte de reddition des troupes japonaises en Asie du Sud-Est.

Grâce au courage et au sacrifice de ces combattants de la première heure comme des engagés anonymes, la France a su reconstruire son armée sur le champ de bataille et réintégrer la table des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale.