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Inoubliable Melanie d’ »Autant en emporte le vent » et soeur de Joan Fontaine, Olivia de Havilland sut imposer son indépendance aux studios. Portrait de la dernière star de l’âge d’or hollywoodien, disparue en 2020 à l’âge de 104 ans.  Fille d’une comédienne et d’un avocat britanniques bientôt séparés, Olivia de Havilland, née à Tokyo en 1916, s’installe enfant en Californie avec sa mère et sa sœur, Joan Fontaine, avant de fuir l’autorité de son beau-père à 17 ans. Repérée par Max Reinhardt, la jeune première aux yeux de biche débute sur les planches dans Le songe d’une nuit d’été, avant de reprendre le rôle de Hermia sur grand écran à Hollywood. Séduits par son élégance sage, Hal Wallis et Jack Warner lui offrent un contrat de sept ans, l’actrice enchaînant alors les rôles avec Errol Flynn, de Capitaine Blood aux Aventures de Robin des Bois. Mais jouer les faire-valoir de partenaires masculins la lasse. En 1938, l’étoile montante, défiant Jack Warner, auditionne clandestinement pour Autant en emporte le vent, et le doux personnage de Melanie la propulse au sommet, la même année que La vie privée d’Elizabeth d’Angleterre. Pour glaner des rôles intéressants, la comédienne n’hésite pas à dérober des scripts, gagnant ainsi sa place au casting de La blonde framboise de Raoul Walsh, l’histoire d’une femme qui remet en question le patriarcat et le mariage. Alors qu’elle est nommée aux Oscars pour Par la porte d’or en 1942, sa cadette et éternelle rivale, Joan Fontaine, égérie de Hitchcock, lui ravit le trophée pour Soupçons. Cette insoumise, qui demande au maquilleur d’accentuer ses cernes pour dénoncer les cadences des tournages, ne cesse surtout de monter au front contre Jack Warner pour arracher son indépendance. Saisissant la justice, elle triomphe alors là où l’indomptable Bette Davis avait échoué, et contraint les studios à revoir les contrats des acteurs. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la star disparaît des écrans pour soutenir les troupes, avec son compagnon de l’époque, John Huston. Enfin libérée des filets de la Warner, Olivia de Havilland prend sa carrière en main, tournant dans des films plus noirs (La fosse aux serpents, 1948) qui forgeront sa légende. Remportant deux Oscars – pour À chacun son destin (1947) et L’héritière (1950) −, la comédienne s’installe en France après son mariage avec le journaliste Pierre Galante, et sera la première femme à présider le jury du Festival de Cannes en 1965. Largement narré à la première personne, au fil d’entretiens de différentes époques, ce portrait, enrichi d’extraits de sa filmographie, retrace le parcours d’une star libre, qui n’a jamais sacrifié son exigence à sa notoriété. Sans fracas mais avec fermeté, Olivia de Havilland sut résister aux diktats des studios, avant de s’éloigner peu à peu du cinéma dans les années 1950. Lors de la cérémonie des César en sa présence en 2011, la profession avait rendu hommage à l’actrice naturalisée française, dernière star féminine de l’âge d’or hollywoodien, disparue en 2020. Documentaire de Daphné Baiwir disponible jusqu’au 11/02/2022.