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https://www.dailymotion.com/embed/video/xxb2z8 Consommer plus pour moins cher. Oui, mais… Est-ce vraiment un monde meilleur que nous promet le discount ?, s’interroge Frédéric Brunnquell. C’est à bord d’une Logan, symbole du low cost, que le réalisateur va parcourir l’Europe afin de trouver la réponse. Première étape, Dublin. Au siège de Ryanair, le patron Michael O’Leary stigmatise compagnies nationales et Etats. « Le gaspillage est enfin concurrencé ! », se félicite le PDG, visiblement obsédé par la menace d’une grève générale. Le succès – et la fortune – de Michael O’Leary reposerait sur le « traitement misérable » de ses employés, selon les termes de Virginie, ancienne hôtesse de l’air. Chez Ryanair, il n’y a ni protection sociale ni retraite, et les contrats sont renégociés chaque année. Avec descente vers le bas garantie. Les hôtesses paient leur formation, commencent leur journée à l’aéroport à 5 heures du matin et ne sont rémunérées que le temps du vol. Yann, ex-commandant de bord, décrit aussi la « culture de l’intimidation qui prévaut à tous les niveaux, l’atmosphère de peur, le harcèlement, les menaces ». Réduction des frais de personnel et dévalorisation des salariés : d’où nous vient ce modèle de management qui fait tache d’huile dans le monde de l’entreprise ? D’Allemagne. Les frères Karl et Theo Albrecht y ont fondé la chaîne de distribution à bas prix Aldi sur les ruines de l’Allemagne vaincue. La fortune des deux pionniers du hard discount, qui n’ont jamais accordé d’interview, est colossale. L’emprise économique d’Aldi – et de Lidl, son principal concurrent – est redoutable. Ainsi, en Allemagne, « ne plus payer caisses de retraite et Sécurité sociale est devenu légal ». Ce pays « a inventé les mini-jobs à 400 euros par mois, et, pour faire baisser les minima sociaux, a recalculé le panier de la ménagère sur les prix du hard discount ». Résultat : des milliers de travailleurs y vivent sous le seuil de pauvreté. L’enquête de Frédéric Brunnquell démythifie le modèle allemand tant vanté. Pour le réalisateur, le discount n’est qu’une « une machine infernale qui déclasse ses salariés, profite des budgets des Etats, formate les esprits, alimente la crise et ne crée pas d’emplois »