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Du « Cake Walk », de Joséphine Baker à la breakdance, qui deviendra en 2024 lors des Jeux de Paris une discipline olympique, en passant par le fameux « Moonwalk » de Michael Jackson et le « Shuffle » de James Brown, les danses urbaines ont conquis le monde et les réseaux sociaux.

L’histoire des danses urbaines débute dans les communautés africaines et afro-américaines, notamment sur les bateaux transportant des esclaves privés de percussions. Les chevilles entravées, ceux-ci inventent, pour communiquer entre eux, une façon cadencée de traîner les pieds, baptisée « shuffle ». Dans les années 1930, les Afro-Américains se retrouvent dans des clubs, où, loin des regards blancs, ils décompressent et dansent, improvisant des pas et des gestuelles qui resteront. Des démonstrations endiablées du Savoy Ballroom à Harlem aux chorégraphies délirantes de l’émission Soul Train, en passant par l’engouement pour la culture hip-hop new-yorkaise et l’émergence d’une scène française, cet épisode remonte aux sources, turbulentes et libératrices, de la street dance.

Foisonnant

Enracinée dans le terreau africain, puisant sa vitalité dans celle de la jeunesse, portée par la culture populaire, reconfigurée par l’irruption du hip-hop, la street dance s’est constamment réinventée à coup de croisements, de pas de côté et de métissages. Cette joyeuse rétrospective, où se déhanchent à la vitesse de l’éclair Joséphine Baker et James Brown, s’appuie sur les éclairages des historiens de la danse Katrina T. Moore et James Frazier. Elle s’enrichit aussi des témoignages et archives de danseurs ou chorégraphes pionniers : Niels « Storm » Robitzky, Max-Laure Bourjolly, Karima Khelifi ou les membres de Black Blanc Beur, né en 1984, la plus ancienne compagnie de hip-hop française.

Documentaire de Jean-Alexander Ntivyihabwa et Jamo Franz disponible jusqu’au 14/04/2022.