Face à l’instabilité de leur monnaie, certains États souhaitent renoncer à leur monnaie nationale pour « dollariser » tous les échanges. L’exemple le plus spectaculaire est celui de l’Argentine… Quelles sont les conséquences d’un tel choix ?

Pour Caroline Kleiner, juriste : « A la fin des années 90, la monnaie argentine, le peso, qui valait à l’époque un dollar, tout d’un coup dégringole – il perd énormément de valeur, puisque pour acheter un peso il ne faut plus que 0,25 dollars. Qu’est-ce qui se passe pour l’État ? L’État ne peut plus rembourser la dette qu’il a vis-à-vis de millions de créanciers qui avaient acheté sa dette sur des marchés financier. Sauf que certains acheteurs de cette dette l’ont achetée en connaissance de cause, c’est-à-dire en sachant les difficultés économiques de l’Argentine, en sachant que l’État aurait des difficultés à rembourser. Pourquoi acheter des titres de dette d’un État qui va sans doute faire faillite ? On peut s’interroger. Eh bien en réalité, c’est un peu la magie de ces obligations, puisqu’une obligation peut être indiquée comme « valoir 100 », mais être achetée sur les marchés financiers pour 20 ou 25.

Et c’est ce qui est arrivé à l’Argentine. Un fonds d’investissement a acheté une quantité pharaonique de titres. Des titres qui ont une valeur de 100, mais qu’en réalité il a acheté à 20. Tout en sachant qu’il pourrait demander à l’État, donc à l’Argentine, de lui rembourser les 100, même s’il ne payait que 20. »

Série documentaire disponible jusqu’au 07/01/2031