Dans cet épisode du podcast Métamorphose, Anne Géquier reçoit Alix d’Antras, naturopathe et autrice du livre « Reine de mes hormones ». Cet échange approfondi lève le voile sur le fonctionnement du système endocrinien féminin, trop souvent résumé aux seuls désagréments du cycle menstruel.
À travers son propre parcours face au syndrome des ovaires polykystiques et à l’infertilité, l’invitée livre des clés précieuses pour décoder les signaux du corps. Elle propose une approche globale et bienveillante pour se réapproprier sa santé hormonale et en finir avec la fatalité de la douleur.
Résumé des points abordés
- Ce qu’il faut retenir
- Le parcours d’Alix d’Antras et le syndrome des ovaires polykystiques
- Comprendre le système endocrinien féminin
- La préménopause et les montagnes russes hormonales
- Les grands perturbateurs du système hormonal
- La contraception en question : pilule et stérilet en cuivre
- L’approche naturopathique pour retrouver l’équilibre
- L’impact de la psyché et le massage abdominal
Ce qu’il faut retenir
L’équilibre hormonal ne se limite pas aux règles : il s’agit d’un système global qui influence la digestion, l’humeur, le sommeil et la santé cardiovasculaire de manière interconnectée.
La douleur et les troubles chroniques ne sont jamais une fatalité : les règles douloureuses, les syndromes prémenstruels sévères ou les épuisements psychologiques sont des signaux d’alarme du corps qui réclament un changement profond d’hygiène de vie.
La naturopathie offre une approche multidimensionnelle : pour réguler ses hormones, il est indispensable d’agir simultanément sur l’alimentation, la réduction des perturbateurs endocriniens, la sphère digestive et la libération émotionnelle.
Le parcours d’Alix d’Antras et le syndrome des ovaires polykystiques
Alix d’Antras a longtemps vécu avec des déséquilibres hormonaux sans le savoir. On lui répétait que souffrir pendant les règles ou avoir des cycles irréguliers était tout à fait normal. Le véritable problème s’est posé lorsqu’elle a eu un projet d’enfant. Face à des cycles à rallonge et à des absences de règles, la seule réponse médicale proposée a été une stimulation immédiate vers un parcours de fécondation in vitro. Désirant reprendre le contrôle de son corps, elle s’est tournée vers la naturopathie pour réharmoniser son organisme.
Ce parcours lui a permis de donner naissance à deux enfants et de mieux apprivoiser son syndrome des ovaires polykystiques. Ce trouble est d’ailleurs très mal nommé : il ne s’agit pas de kystes douloureux, mais d’ovaires plurifolliculaires qui peinent à mener l’ovulation à son terme. Les follicules se développent de manière incomplète, ce qui retarde l’arrivée des règles.
Ce syndrome est un regroupement de symptômes qui varie grandement d’une femme à l’autre. Chez certaines, il se caractérise par un excès d’hormones masculines entraînant de l’hirsutisme, de l’acné, une transpiration excessive ou la perte de cheveux. Chez d’autres, il provoque une résistance à l’insuline : l’organisme a besoin de sécréter beaucoup plus d’insuline pour réguler le sucre dans le sang, ce qui peut mener au surpoids et à des risques cardiovasculaires. Pour obtenir un diagnostic fiable, une échographie et un bilan sanguin complet chez un gynécologue restent indispensables.
Comprendre le système endocrinien féminin
Une hormone agit comme un messager chimique voyageant dans le sang. Elle vient se brancher sur un récepteur spécifique pour stimuler ou inhiber le fonctionnement d’un organe. Ce système gouverne l’ensemble de l’organisme, chez les hommes comme chez les femmes, en influençant le cœur, les nerfs et la digestion. Les femmes ressentent cependant ces variations de manière plus intense en raison de leur rythme menstruel mensuel.
Durant la première partie du cycle, les œstrogènes apportent de l’énergie et boostent le moral. En fin de cycle, la progestérone prend le relais pour calmer et apaiser l’organisme. Lorsque ce tempo est désaccordé, les symptômes apparaissent. Des règles normales peuvent tirailler légèrement, mais elles ne doivent jamais empêcher de travailler ni obliger à rester alitée.
Les dysfonctionnements peuvent aussi toucher la thyroïde. Quand cette glande fonctionne au ralenti, elle entraîne une fatigue chronique, un transit paresseux et une prise de poids. En surrégime, elle provoque des insomnies et des palpitations. De même, l’endométriose est souvent aggravée par un excès d’œstrogènes par rapport à la progestérone. En naturopathie, on cherche toujours à comprendre la cause de cet excès : provient-il d’une surproduction ou d’une mauvaise élimination par le foie et l’intestin ? Les hormones usagées doivent en effet être évacuées, sinon le corps fonctionne en circuit fermé et réactive les toxines.
La préménopause et les montagnes russes hormonales
Avoir eu des cycles réguliers toute sa vie ne garantit pas une transition douce vers la ménopause. La préménopause est une phase de transition qui peut durer plusieurs années. Elle se caractérise par de véritables montagnes russes hormonales.
Les femmes passent de vagues d’œstrogènes en excès à des chutes brutales. Ce chaos provoque des seins douloureux, des règles hémorragiques, suivis d’insomnies, de sécheresse cutanée et d’une baisse de libido. Ces vagues imprévisibles sont épuisantes à vivre au quotidien. Alix d’Antras conseille de voir cette période comme un signal du corps : c’est le moment idéal pour réformer ses habitudes et prendre soin de soi.
Les grands perturbateurs du système hormonal
L’alimentation moderne joue un rôle majeur dans le dérèglement endocrinien. Les produits ultra-transformés appauvrissent l’organisme en nutriments essentiels. Le stress chronique et la mauvaise digestion complètent ce tableau de perturbations.
Les perturbateurs endocriniens sont omniprésents dans notre environnement quotidien. On les retrouve massivement dans les emballages plastiques, les produits de beauté et les cosmétiques conventionnels. Pour s’en protéger, des gestes simples et accessibles sont recommandés à la maison :
- Filtrer l’eau du robinet plutôt que d’acheter des bouteilles en plastique.
- Privilégier des cosmétiques et des produits d’hygiène à la composition propre.
- Retirer ses chaussures en entrant chez soi pour ne pas propager les polluants extérieurs.
- Choisir des vêtements en fibres naturelles et refuser les tickets de caisse thermiques contenant du bisphénol.
La contraception en question : pilule et stérilet en cuivre
La pilule contraceptive est trop souvent prescrite aux jeunes filles comme une solution miracle pour réguler les cycles. Or, la pilule ne répare rien : elle met les ovaires au repos et crée de faux saignements par privation hormonale. À l’arrêt du contraceptif, les problèmes initiaux réapparaissent, parfois amplifiés par des carences en vitamines du groupe B provoquées par le médicament synthétique.
Le stérilet en cuivre est quant à lui plébiscité comme une alternative naturelle sans hormones. Pourtant, la culture anglo-saxonne documente de plus en plus la toxicité liée à l’excès de cuivre. Ce métal peut s’accumuler dans les tissus gras comme le cerveau, provoquant des troubles de l’humeur sévères, une hypersensibilité aux œstrogènes et des règles très douloureuses. Cette forme d’intoxication est difficile à déceler par une simple prise de sang, laissant de nombreuses femmes sans réponse face à leur détresse.
L’approche naturopathique pour retrouver l’équilibre
Pour reconstruire sa santé hormonale, la première étape consiste à chouchouter son assiette. Les hormones ont un besoin vital de bons gras. Les acides gras oméga-3, présents dans les petits poissons gras ou certaines huiles végétales, éteignent l’inflammation et soutiennent le système endocrinien. Le gras de bonne qualité ne fait pas grossir : il aide au contraire à réguler le poids.
Certains aliments sont de précieux alliés pour le foie, l’organe clé du recyclage hormonal. Les légumes amers comme le céleri, le fenouil ou la roquette stimulent la bile. Les crucifères comme les brocolis et les choux contiennent de l’indol-3-carbinol, une molécule qui aide à éliminer les œstrogènes en douceur. Pour nourrir la flore intestinale, Alix d’Antras recommande les légumes violacés ou noirs, riches en fibres protectrices, comme les carottes violettes ou le radis noir.
Les carences en fer doivent aussi être corrigées, car elles plombent l’énergie et la thyroïde. Pour stabiliser les fringales de sucre typiques du syndrome prémenstruel, la méthode de Jessie Inchauspé est idéale : intégrer des fibres et des légumes en début de repas permet de lisser les pics de glycémie et d’éviter les montagnes russes énergétiques. Enfin, le jeûne intermittent doit être pratiqué avec prudence : sauter un repas peut mettre le corps en état d’alerte et bloquer l’ovulation, tandis que le seed cycling (l’alternance de graines selon les phases du cycle) ne doit pas devenir une source de charge mentale inutile.
L’impact de la psyché et le massage abdominal
Le système nerveux et le système hormonal fonctionnent comme des frères siamois. Un stress psychologique élevé bloque directement les fonctions de reproduction. Les émotions enfouies et les traumatismes se somatisent fréquemment dans la zone du ventre, un espace que les femmes ont souvent tendance à ignorer ou à rejeter.
Pour court-circuiter le mental des femmes très cartésiennes, Alix d’Antras utilise le massage abdominal. Sous couvert d’un argument technique et circulatoire très concret, ce soin permet de relâcher les tensions profondes de la zone du bassin. C’est un espace de décompression inestimable qui libère les blocages émotionnels et rétablit une respiration profonde. Prendre soin de soi et s’accorder de la valeur est le plus beau premier pas vers la guérison hormonale.