Soixante ans après sa défaite, le Japon navigue entre pacifisme constitutionnel et puissance militaire de premier plan. Derrière l’article 9, une transformation discrète redessine son rôle sur la scène internationale et la réalité du pays. Comment soixante ans après sa défaite, le Japon est redevenu l’une des plus grandes puissances militaires au monde malgré sa constitution pacifiste. Aujourd’hui, la politique japonaise est comme un bateau sans capitaine qui flotte au large du Pacifique. Le Japon souffre et s’interroge sur sa position dans le courant de la politique internationale après la guerre froide. Le pays réclame depuis une reconnaissance politique à la mesure de son poids économique. Il demande un siège au Conseil des Nations Unies dont il est le premier financier et il entend bien y parvenir. Il souhaite contribuer physiquement aux conflits du monde, mais sa Constitution empêche cette participation.
Son Article 9, symbole du renouveau moral du pays après-guerre, lui impose un principe de non-belligérance. L’article 9 n’a pourtant pas empêché le Japon, dès 1954, de créer à l’instigation des Etats-Unis ses « Forces d’autodéfense ». Depuis, la puissance militaire japonaise n’a cessé de s’affirmer, relayée par l’exaltation des groupes néonationalistes. En 2008, elle totalisait 250 000 soldats et son budget militaire avait atteint le 4e rang mondial. Pour remédier à cette contradiction et imposer son rang sur la scène internationale, le Japon a entrepris de réviser sa Constitution. Mais l’opinion publique japonaise est très divisée. À partir d’images d’archives américaines et japonaises, le film retrace les événements historiques qui ont conduit à la rédaction de cette « clause pacifiste » et à sa rapide mise en cause. En retraçant soixante ans de la « renaissance » politique, économique et militaire du pays, il nous emmène au cœur de la contradiction qui s’est creusée entre les institutions et la réalité et analyse les motivations profondes des néonationalistes qui, au sein même du pouvoir, réclament le « droit à la guerre ».