Article | De Londres à la salle de classe française : le parcours (légèrement chaotique) de Paul pour enseigner l’anglais en france

Paul a 35 ans, un accent britannique impeccable, une ironie parfaitement calibrée, et une idée qui, sur le moment, lui a semblé tout à fait raisonnable. Installé en France depuis quelques années, plutôt bien intégré, amateur de bons fromages et désormais capable de râler avec conviction contre l’administration, il s’est un jour dit : pourquoi ne pas devenir professeur d’anglais ?

Sur le papier, l’idée avait du sens. Après tout, il était anglais. L’anglais, c’était sa langue maternelle. Il maîtrisait les nuances, les expressions idiomatiques, et même l’art très subtil du sarcasme discret. Ce qu’il n’avait pas anticipé, en revanche, c’était que cela ne suffirait absolument pas pour enseigner l’anglais en France .

Être anglais : un avantage très surestimé

Premier obstacle, et non des moindres : avait-il seulement le droit de passer le concours ? La réponse, comme souvent en France, était « oui, mais ». S’ensuivent plusieurs semaines à naviguer entre formulaires, textes officiels, conditions d’éligibilité, et mails restés sans réponse. Car pour devenir professeur d’anglais dans l’Éducation nationale, il faut d’abord maîtriser l’art subtil de la candidature administrative. « J’ai découvert que comprendre une notice administrative française était bien plus difficile que Shakespeare », plaisante-t-il aujourd’hui.

Une fois cette première étape franchie, Paul s’est lancé dans la préparation. Avec sérieux, bien sûr. Et une certaine naïveté, aussi. Il a ouvert les fameux rapports de jury, pensant y trouver des indications claires. Il y a trouvé… autre chose. « J’ai lu plusieurs fois les mêmes phrases sans jamais être certain de ce qu’elles voulaient dire. C’était de l’anglais… sur l’anglais… mais je ne comprenais rien. »

Puis il a découvert la méthodologie du CAPES. Et là, le choc culturel a été total. « Ce n’est pas un concours où l’on vous demande si vous savez parler anglais. On vous demande si vous savez parler du fait de parler anglais, dans un cadre très précis, avec des attentes très spécifiques, et un vocabulaire encore plus spécifique. » Autrement dit, il fallait tout réapprendre. Le métier d’enseignant ne se résumait pas à maîtriser la langue.

Les épreuves, elles aussi, ont réservé leur lot de surprises. Certaines en français, notamment à l’oral. « Se retrouver à expliquer en français des concepts linguistiques anglais devant un jury français , c’est une expérience que je recommande… avec beaucoup d’humour. »

Études et certification pour devenir prof et enseigner l’anglais

Une bibliothèque entière, une théière vide

Comme beaucoup, Paul s’est tourné vers des ressources classiques. Le CNED, notamment. Et une pile de livres impressionnante. Très impressionnante. Peut-être trop. « J’ai passé des semaines à lire des ouvrages entiers sur l’histoire de l’éducation, sur des systèmes scolaires que je ne rencontrerais probablement jamais. C’était intéressant… mais pas forcément utile. Enfin, pas pour le concours. »

Sans certification adaptée ni véritable compréhension de la méthodologie spécifique à l’enseignement de l’anglais en France, même les études les plus sérieuses peuvent mener à l’impasse. Résultat : un premier échec. Puis un deuxième. Puis un troisième. « À ce stade, j’avais commencé à développer une relation assez personnelle avec l’échec », dit-il avec un sourire. Et pourtant, il n’a pas abandonné. Pas tout de suite.

Trouver la bonne formation d’anglais

C’est à ce moment-là qu’il découvre une autre approche, en s’inscrivant à The League English School. Et pour la première fois, il a le sentiment de comprendre ce qu’on attend réellement de lui. « Ce qui m’a frappé, c’est que plusieurs enseignants avaient eux-mêmes un parcours anglophone. Ils étaient passés par là. Ils savaient exactement où ça coince. »

Ce n’était plus une accumulation de connaissances, mais une mise en cohérence. Une méthode, un cadre, des explications concrètes. Les centres de formation spécialisés offrent ce que les cours à l’université ne peuvent pas toujours garantir : une préparation ciblée sur les attentes réelles du concours. « On m’a expliqué non seulement quoi faire, mais surtout comment le faire. Et ça change tout. » Progressivement, les choses s’éclaircissent. Les attentes deviennent compréhensibles. Les épreuves, moins abstraites.

Donner des cours d’anglais après trois échecs

Réussir le concours à la quatrième tentative

Paul finit par réussir le concours. Non sans ironie. « J’ai mis trois tentatives pour comprendre les règles du jeu, et une quatrième pour enfin jouer correctement », résume-t-il. Cette reconversion, qui lui semblait si naturelle au départ, s’est révélée bien plus complexe qu’il ne l’imaginait. Mais l’accompagnement ciblé a fait toute la différence.

Enseigner l’anglais aux adultes et aux élèves

Aujourd’hui, Paul enseigne. Et à sa manière, il a trouvé sa place. Ses élèves apprécient son humour britannique. Ou du moins, ils font semblant de le comprendre. « Parfois ils rient, parfois ils me regardent en silence. Dans les deux cas, je considère que c’est une réussite. » Ses collègues, eux aussi, se sont habitués à son style. Entre autodérision et remarques légèrement décalées.

Sa relation avec les élèves, que ce soit au collège ou au lycée, reste marquée par cette authenticité. Il apporte cette touche d’anglophonie qui manque parfois dans l’enseignement de la langue. Avec le recul, Paul ne regrette rien. Ni les difficultés, ni les détours, ni même les lectures interminables. Mais il est très clair sur un point : « Si vous voulez passer ce concours, ne faites pas comme moi. Ne le faites pas seul. »

Parce que derrière l’apparente évidence — être anglophone pour enseigner l’anglais — se cache une réalité bien plus complexe. Une mécanique, des attentes, une culture du concours qu’il faut comprendre avant de pouvoir réussir. Et s’il garde aujourd’hui son humour intact, c’est peut-être parce qu’il a appris une chose essentielle : en France, même pour enseigner l’anglais, il faut d’abord apprendre à parler… concours.

Points à retenir

  • Pour enseigner l’anglais dans l’Éducation nationale (collège ou lycée), il faut réussir le CAPES d’anglais, accessible depuis la réforme 2026 à partir du niveau bac+3.
  • D’autres voies existent sans concours : enseignant contractuel auprès d’un rectorat, formateur en école de langues privée, cours particuliers ou en ligne — avec des certifications comme le TEFL ou TESOL.
  • Le niveau d’anglais requis est C1 ou C2 selon le CECRL, même pour les locuteurs natifs.
  • Être anglophone natif est un atout réel, mais ne dispense pas du concours ni de la maîtrise de la méthodologie d’enseignement.

FAQ – Toutes les voies pour enseigner l’anglais en France

Enseigner l’anglais en France ne passe pas uniquement par le CAPES. Voici l’ensemble des parcours possibles, selon votre profil et vos objectifs.

1. Le CAPES d’anglais — la voie classique dans l’Éducation nationale

Le CAPES (Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré) permet d’enseigner dans les collèges et lycées publics en tant que fonctionnaire de l’État. Depuis la réforme de 2026, il est accessible dès le niveau bac+3 (L3). Les lauréats suivent ensuite deux années de master enseignement et éducation (M2E), rémunérées entre environ 1 400 € et 1 800 € nets/mois. Pour les établissements privés sous contrat, le concours équivalent est le CAFEP-CAPES.

Parcours type :

  1. Obtenir une licence d’anglais (LLCER, LEA ou équivalent)
  2. Préparer et réussir le CAPES d’anglais (épreuves écrites en mars, oraux en mai-juin)
  3. Suivre deux ans de formation M2E en tant qu’élève fonctionnaire puis fonctionnaire stagiaire
  4. Être titularisé comme professeur certifié (à partir de 2 100 € nets/mois)

2. Le CAPLP — pour enseigner en lycée professionnel

Le Certificat d’aptitude au professorat de lycée professionnel (CAPLP) dans la section anglais/langues vivantes permet d’enseigner en lycée professionnel. Accessible à partir du niveau licence depuis la réforme 2026, il constitue une alternative au CAPES pour ceux qui souhaitent s’orienter vers l’enseignement technique et professionnel.

3. Le statut de prof d’anglais contractuel — une voie d’accès rapide, de nombreuses offres d’emploi

Sans avoir passé le concours, il est possible de devenir enseignant contractuel d’anglais dans l’Éducation nationale. Les académies recrutent régulièrement des contractuels pour pallier les manques de titulaires. La candidature se fait directement auprès du rectorat de l’académie souhaitée. Un niveau licence et un bon niveau d’anglais sont généralement requis. C’est également un bon tremplin avant de tenter le CAPES.

4. Les écoles de langues privées et la formation professionnelle

Pour enseigner à un public adulte (en entreprise ou en école de langues), des certifications internationales reconnues peuvent suffire :

  • TEFL (Teaching English as a Foreign Language) : pour enseigner à des non-natifs
  • TESOL (Teaching English to Speakers of Other Languages) : reconnu notamment par Cambridge Assessment English
  • DELTA (Diploma in English Language Teaching to Adults) : pour les enseignants expérimentés souhaitant approfondir leur pratique

Ces certifications permettent de travailler dans des organismes de formation professionnelle, des écoles de langues ou en indépendant sous statut d’auto-entrepreneur en activité de formation en langues.

5. Donner des cours d’anglais en ligne ou des cours particuliers à domicile

Il est possible d’enseigner l’anglais en cours particuliers (à domicile ou via des plateformes spécialisées), sans diplôme obligatoire si vous travaillez en indépendant. Cette voie est accessible rapidement, mais offre moins de stabilité que les postes salariés.

6. Comparatif des voies d’accès

VoiePublic cibleDiplôme requisStabilité
CAPES / CAFEP-CAPESCollège, lycéeBac+3 minimumÉlevée (fonctionnaire)
CAPLPLycée professionnelBac+3 minimumÉlevée (fonctionnaire)
Contractuel Éducation nationaleCollège, lycéeLicence recommandéeMoyenne
École de langues / Formation proAdultesTEFL / TESOLMoyenne
Cours particuliers / En ligneTous publicsAucun obligatoireVariable

Quelle voie choisir pour enseigner l’anglais en France ?

Le choix du parcours dépend avant tout de votre profil et de vos objectifs :

  • Vous souhaitez un emploi stable avec statut de fonctionnaire ? → Préparez le CAPES d’anglais (ou le CAFEP-CAPES pour le privé sous contrat). C’est la voie la plus exigeante, mais elle offre sécurité de l’emploi et évolution de carrière.
  • Vous voulez enseigner rapidement, sans concours ? → Renseignez-vous sur le recrutement de professeurs d’anglais contractuels auprès des rectorats, ou postulez directement auprès d’écoles de langues avec un TEFL ou TESOL.
  • Vous préférez la flexibilité et l’indépendance ? → Le statut d’auto-entrepreneur en formation en langues est une option courante pour les professeurs d’anglais indépendants en France.
  • Vous êtes anglophone natif en reconversion ? → La préparation au CAPES reste la voie la plus valorisante à long terme, mais elle demande une vraie adaptation méthodologique. Un accompagnement spécialisé fait souvent la différence.

FAQ : enseigner l’anglais en France

Comment puis-je enseigner l’anglais en France ?

Plusieurs voies s’offrent à vous, selon votre profil. Pour rejoindre l’Éducation nationale et devenir professeur d’anglais dans la fonction publique, il faut passer un concours (CAPES ou CAFEP-CAPES). Si cette perspective vous semble un peu intimidante, rassurez-vous : vous pouvez aussi enseigner dans une école de langues privée, donner des cours particuliers, ou même travailler en ligne. Chaque option a ses propres exigences, mais toutes offrent la possibilité de transmettre la langue anglaise à des publics variés.

Quelles qualifications sont nécessaires pour enseigner l’anglais en France ?

Les qualifications varient selon la voie choisie :

Dans l’Éducation nationale (CAPES) :

  • Depuis la réforme 2026, le CAPES est accessible dès le niveau bac+3 (L3).
  • Les lauréats suivent ensuite deux années de master enseignement et éducation (M2E), rémunérées : environ 1 400 € nets/mois en M1 (élève fonctionnaire) et 1 800 € nets/mois en M2 (fonctionnaire stagiaire).
  • La titularisation intervient après le master, avec un salaire à partir de 2 100 € nets/mois et un engagement de 4 ans dans la fonction publique.
  • Le CAFEP-CAPES est l’équivalent pour les établissements privés sous contrat.

Dans le secteur privé (écoles de langues, formation professionnelle) :

  • Des certifications internationales comme le TEFL (Teaching English as a Foreign Language), le TESOL (Teaching English to Speakers of Other Languages) ou le DELTA (pour les enseignants expérimentés) sont reconnues.
  • Ces certifications permettent l’enseignement de l’anglais en école de langues, en centre de formation professionnelle, ou en indépendant.

Niveau d’anglais requis : un niveau C1 ou C2 selon le CECRL est attendu dans tous les contextes, même pour les locuteurs natifs.

Comment devenir professeur d’anglais ?

Le chemin typique commence par des études en anglais (licence d’anglais, LLCER ou LEA). Depuis la réforme 2026, il est possible de passer le CAPES dès la L3, sans attendre le master. Les lauréats suivent ensuite deux années de master enseignement et éducation (M2E) rémunérées dans une académie, avant d’être titularisés comme fonctionnaires. C’est un parcours exigeant, qui demande une vraie maîtrise de la méthodologie du concours et des attentes du jury. Et si vous êtes anglophone, n’oubliez pas : votre langue maternelle est un atout, pas un passe-droit.

Enseigner l’anglais en France est possible par plusieurs voies : le CAPES d’anglais pour intégrer l’Éducation nationale, des certifications TEFL ou TESOL pour les écoles privées et la formation professionnelle, ou encore le statut d’enseignant contractuel auprès d’un rectorat. Depuis la réforme de 2026, le CAPES est accessible dès le niveau bac+3. Mais la réalité du terrain — administrative, méthodologique, culturelle — est souvent plus complexe qu’il n’y paraît. L’histoire de Paul en est la preuve vivante.

Peut-on enseigner l’anglais en France sans passer le CAPES ?

Oui. Plusieurs options existent en dehors du concours :

  • Enseignant contractuel dans l’Éducation nationale : les rectorats recrutent régulièrement des contractuels anglophones pour pallier les manques de titulaires. Une licence et un bon niveau d’anglais sont généralement suffisants pour postuler directement auprès de l’académie de votre choix.
  • Écoles de langues et formation professionnelle : des certifications comme le TEFL ou le TESOL permettent d’enseigner à des adultes sans passer par l’Éducation nationale.
  • Cours particuliers et enseignement en ligne : aucune qualification formelle n’est obligatoire si vous travaillez en indépendant, bien qu’un niveau C1/C2 et une expérience pédagogique soient un atout.

Un ressortissant étranger peut-il enseigner l’anglais en France ?

Oui, sous conditions. Les ressortissants de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen peuvent passer les concours de l’Éducation nationale dans les mêmes conditions que les citoyens français. Les ressortissants hors UE/EEE ne peuvent pas intégrer la fonction publique française en tant qu’enseignant d’anglais, mais peuvent enseigner dans le secteur privé (écoles de langues, formation professionnelle, cours particuliers) ou dans l’enseignement privé sous contrat sous certaines conditions dérogatoires.

Quel est le salaire d’un professeur d’anglais en France ?

Dans l’Éducation nationale, la rémunération évolue ainsi :

  • Pendant la formation M2E après concours : environ 1 400 € nets/mois en M1 (élève fonctionnaire) et 1 800 € nets/mois en M2 (fonctionnaire stagiaire)
  • Après titularisation : à partir de 2 100 € nets/mois (professeur certifié)

Dans le secteur privé, les salaires varient fortement selon le type d’employeur, le volume d’heures et le statut (salarié ou auto-entrepreneur en formation en langues).

Quel niveau d’anglais faut-il pour enseigner l’anglais ?

On attend généralement un niveau C1 ou C2 selon le Cadre européen commun de référence (CECRL), soit une maîtrise avancée voire experte de la langue anglaise. Même si vous êtes locuteur natif, ce niveau reste la référence pour travailler dans le domaine de l’éducation. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, être anglophone ne dispense pas du concours : il faudra toujours prouver que vous savez expliquer la langue, pas seulement la parler.