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En 2004, une enquête de nos équipes mettait au jour des « appartements raviolis », où; des travailleurs clandestins fabriquaient pour des restaurants asiatiques dans des conditions d’hygiène déplorables, des raviolis vapeur et d’autres plats cuisinés. Les restaurateurs asiatiques affirment que cette année-là en France, leur chiffre d’affaires a chuté de 20 à 30% et que certains établissements ont même dû fermer leurs portes. Alors, pour rassurer le grand public et redorer leur image, les professionnels lançaient un an plus tard le label « Qualité Asie » décerné aux établissements qui respectent scrupuleusement plus d’une centaine de critères d’hygiène et de qualité. Quatre ans plus tard, nous avons voulu savoir si la restauration asiatique avait bien fait le ménage dans ses rangs. L’enquête, qui a duré plus de trois mois, a été difficile. Plus d’une centaine de restaurants asiatiques a été contactée, mais aucun n’a accepté d’ouvrir sa cuisine pour montrer dans quelles conditions sont fabriqués leurs produits. Jean-Charles Doria est retourné enquêter dans l’immeuble de « l’appartement ravioli » filmé il y a quatre ans à Paris. Il a pu obtenir la preuve que la fabrication et la vente clandestines s’y faisaient toujours. Des restaurants asiatiques feraient donc toujours appel à ces ateliers, mais difficile de savoir dans quelle proportion. Nous avons fait analyser une quarantaine de produits (raviolis, nems, bœuf aux oignons, rouleaux de printemps…) achetés chez 10 traiteurs parisiens. Les résultats sont alarmants : 8 restaurants sur 10 ont vendu au moins un plat impropre à la consommation, avec des germes en pagaille, et assez souvent, la présence de matière fécale dans les produits.