La Coupe du Monde de football 2010 demeure une édition profondément marquante dans l’histoire moderne du sport roi. Organisée pour la toute première fois sur le continent africain, en Afrique du Sud, cette compétition a mêlé ferveur populaire, trajectoires sportives inattendues et séismes politiques d’une ampleur inédite.
Ce qu’il faut retenir
L’édition 2010 marque un tournant historique avec la toute première organisation d’un Mondial sur le sol africain.
Le parcours désastreux de la France culmine avec le scandale du bus de Knysna et provoque une crise nationale majeure.
L’Espagne concrétise enfin sa suprématie internationale en décrochant son tout premier titre mondial face aux Pays-Bas.
L’Afrique du Sud et l’ambiance des vuvuzelas
Pour la première fois depuis la création de la compétition en 1930, le continent africain accueille l’élite du football mondial. Cet événement résonne au rythme de l’hymne officiel interprété par Shakira et du son assourdissant des vuvuzelas.
Sur le plan sportif, la compétition s’avère toutefois cruelle pour le pays hôte. L’Afrique du Sud devient la première nation organisatrice de l’histoire à être éliminée dès le premier tour.
Le bilan global reste tout aussi mitigé pour les équipes africaines. Sur les six nations engagées au départ, seul le Ghana parvient à tirer son épingle du jeu.
Les Black Stars marquent les esprits en éliminant les États-Unis en huitièmes de finale. Leur parcours s’arrête prématurément lors d’un quart de finale d’anthologie perdu aux tirs au but contre l’Uruguay.
De son côté, la sélection uruguayenne signe sa meilleure prestation depuis des décennies en se hissant jusqu’en demi-finale.
Le vide belge et le marasme sportif
À cette période, la sélection belge traverse une traversée du désert particulièrement sombre. Absente de la phase finale, l’équipe pointe à une très modeste 66e place au classement FIFA.
Engagés dans des qualifications laborieuses, les Diables Rouges terminent à la quatrième place de leur groupe. Ils devancent uniquement l’Estonie et l’Arménie dans un désintérêt général.
À cette époque, personne ne peut imaginer le réveil spectaculaire qui attend la sélection lors des éditions suivantes.
La France et le fiasco de Knysna
Pour la sélection française, le tournoi s’apparente à un calvaire mémorable. La qualification s’était déjà faite dans la controverse à la suite de la fameuse main de Thierry Henry contre l’Irlande.
Une fois sur place, la situation déraille totalement lors du match face au Mexique. Nicolas Anelka insulte l’entraîneur Raymond Domenech à la mi-temps de la rencontre.
Exclu dans la foulée par la fédération, l’attaquant provoque une vague de solidarité inédite de la part de ses coéquipiers. Les joueurs décident de se mettre en grève et refusent d’assister à l’entraînement.
Réfugiés à l’intérieur de leur bus à Knysna, ils envoient leur sélectionneur lire un communiqué officiel devant les journalistes médusés.
L’événement provoque un véritable divorce entre les supporters et leur équipe nationale. La situation prend une tournure politique et monte jusqu’au sommet de l’État pour devenir une affaire nationale.
Le sacre historique de l’Espagne
Tandis que la France s’enfonce dans la crise, la sélection espagnole écrit la plus belle page de son histoire sportive. En demi-finale, les Espagnols écartent l’Allemagne au terme d’une prestation maîtrisée.
Ils retrouvent les Pays-Bas lors d’une finale particulièrement tendue. Pour la troisième fois de leur histoire, les Néerlandais s’inclinent lors de l’ultime marche.
Grâce à cette victoire en prolongation, l’Espagne rejoint le club très fermé des vainqueurs de la Coupe du Monde.
Le paysage du football mondial s’enrichit alors d’un nouveau champion, confirmant la domination européenne sur la scène internationale.