Comment, après 1945, l’URSS a-t-elle imposé son modèle en Europe centrale et orientale ? Et comment les populations ont-elles vécu cette soviétisation forcée ? De la fin de la guerre à la construction du mur de Berlin, en 1961, témoignages et archives font revivre de l’intérieur les étapes de cette mise au pas radicale.

En février 1945, quelques mois avant la fin de la guerre, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’URSS se réunissent à Yalta afin de s’accorder sur le futur de l’Europe. Staline, en position de force grâce à ses succès militaires, rassure les dirigeants occidentaux en s’engageant à organiser des élections démocratiques dans les territoires libérés par l’Armée rouge. En réalité, il va profiter du chaos ambiant pour étendre sa toile… Alors que plus de 30 millions de personnes – Allemands expulsés, prisonniers de guerre, rescapés des camps, civils fuyant déjà les persécutions soviétiques… – errent sur un continent en ruine, et que les populations sont occupées à reconstruire et à survivre, Moscou manœuvre, dans ces années d’après-guerre, pour placer ses fidèles à la tête des gouvernements polonais, est-allemand, tchécoslovaque ou hongrois. Se servant partout où il le peut, le Kremlin réquisitionne en même temps les industries de ces pays déjà sous influence : machines, blé, charbon mais aussi uranium nécessaire à la fabrication de la bombe atomique sont confisqués. Glorifiée par la propagande, l’idéologie communiste s’impose à tous les esprits, tandis que les arrestations arbitraires se multiplient. Bientôt, des clôtures se dressent entre l’empire de Staline et le reste du monde : le rideau de fer s’est abattu sur l’Europe.

Série documentaire disponible en rediffusion jusqu’au 23/09/2026