Le 3 juin 1950, Maurice Herzog et son expédition entrent dans l’histoire en atteignant le sommet de l’Annapurna, dans l’Himalaya népalais. Pour la première fois, des hommes s’élèvent au-delà des 8 000 mètres d’altitude et en reviennent. À l’époque, l’exploit inédit secoue le monde entier et redéfinit les limites du possible en montagne.

Mais derrière cette réussite, une autre morale s’impose déjà : gravir ce géant de roche et de glace est une épreuve dont on ne revient pas indemne. Herzog redescend vivant, mais amputé, brisé et marqué à jamais.

Depuis cette première ascension, nombreux sont ceux qui ont tenté de s’y mesurer. Tous n’en sont pas revenus. Plus d’un alpiniste sur quatre perdrait la vie dans l’aventure, faisant des pentes de cette montagne les plus meurtrières au monde. Malgré cette brutalité absolue, pourtant, l’Annapurna continue de fasciner.

Vadim Druelle fait partie de ceux qui n’ont jamais cessé de l’envisager. Soixante-quinze ans après la première ascension, il décide de s’y confronter à son tour, dans une approche encore plus engagée : un “one push”, partir du pied de la montagne et tenter d’en atteindre le sommet d’une seule traite en style alpin, sans oxygène et en solitaire.

Le 24 mars 2025, Vadim arrive au camp de base, point de départ de son ascension. Mais avant de penser au sommet, il faut prendre le temps de s’acclimater, exposer le corps, redescendre, recommencer, attendre, jusqu’à se sentir prêt. Vraiment prêt. Car sur l’Annapurna, la patience n’est pas une qualité, c’est une condition de survie, et à la moindre erreur, il sera trop tard pour faire demi-tour.