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Ce docu n'a pas de note De « My beautiful Laundrette » à « There Will Be Blood » en passant par « Le temps de l’innocence » et « Gangs of New York », le magnétique Britannique Daniel Day-Lewis s’est imposé en seulement vingt films comme l’un des plus grands acteurs de son époque. Portrait. Un caméléon. Acteur protéiforme par excellence, Daniel Day-Lewis se fond dans ses personnages au point d’en devenir méconnaissable, et ce dès sa révélation au cinéma en jeune punk homosexuel dans My beautiful Laundrette de Stephen Frears, puis, à l’opposé du spectre, en aristocrate coincé dans Chambre avec vue de James Ivory, respectivement sortis en 1985 et 1986. Parfait miroir de la haute société britannique, celui qui est né à Londres en 1957 d’un père, Cecil Day-Lewis, « poète lauréat » de la reine, et d’une mère, Jill Balcon, fille du producteur et fondateur des célèbres studios Ealing, va néanmoins fuir cette culture anglaise élitiste qu’il trouve « ridicule » et s’accomplir de manière spectaculaire aux États-Unis, obtenant l’Oscar du meilleur acteur à trois reprises – dans l’histoire du cinéma, Frances McDormand est la seule à l’égaler et Katharine Hepburn, à détenir un plus grand palmarès, avec quatre statuettes. Du Dernier des Mohicans à Lincoln en passant par Le temps de l’innocence, Gangs of New York, ou There Will Be Blood, l’Anglais incarne magistralement au service de cinéastes tels que Martin Scorsese, Paul Thomas Anderson ou Steven Spielberg des figures iconiques de la culture américaine. S’il a épousé la réalisatrice américaine Rebecca Miller, fille de l’illustre dramaturge Arthur Miller, c’est en Irlande, dont il est citoyen depuis 1993, que cet homme secret se retire avec sa famille durant de longues périodes. Le pays natal de son père irrigue sa filmographie durant les années 1990, avec trois longs métrages du cinéaste irlandais Jim Sheridan, dont le premier, My Left Foot, lui vaut son Oscar inaugural en 1990. Pour interpréter ce peintre paralysé, il s’immerge dans son personnage au point de ne plus en sortir durant tout le tournage, assis dans un fauteuil roulant et nourri à la petite cuillère. L’acteur vit ses rôles jusqu’à la transe, confiant à sa partenaire de The Boxer, Emily Watson : « Je ne pense pas être assez bon pour faire autrement. » Une méthode de jeu extrême et douloureuse qu’analyse avec délicatesse le documentaire de Jeanne Burel et Nicolas Maupied. Des images familiales rares associées aux extraits de sa filmographie éclairent la personnalité de ce prodigieux comédien, dont les entretiens télévisés accordés depuis trente-cinq ans jalonnent le parcours. Avec humour et élégance, Daniel Day-Lewis y revient sur ses débuts prometteurs au théâtre, ainsi que sur son enfance marquée par la figure imposante d’un père aimant mais distant, mort alors que son fils n’avait que 15 ans, qui traverse tel un fantôme la plupart de ses films. Après Phantom Thread, tourné en 2017 en Angleterre, l’acteur éternellement tourmenté par ses rôles a annoncé mettre un terme à sa carrière. Documentaire de Jeanne Burel et Nicolas Maupied disponible jusqu’au 16/12/2021.